Wed 16 Jm2 1435 - 16 April 2014
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Le jugement de l'exercice d'un emploi dans la police

Je travaille comme officier de police dans un pays arabe. Ma question est de savoir s'il m'est permis de conserver ce travail quand on sait que le pays est régi par la loi positive et qu'en tant que officier de police, je suis tenu de me conformer à cette loi? On sait que les domaines d'intervention de la police sont nombreux comme la lutte contre la prostitution, la lutte contre le trafic de drogue et bien d'autres bonnes choses. Mais toutes ces actions doivent être menées conformément à la loi positive. Certains d'entre nous travaillent dans les prisons et exécutent les sentences des tribunaux fondées sur la loi positive.. M'est il permis de garder mon emploi? Faut il que je l'abandonne? Faut il que je fasse de mon mieux pour trouver une autre occupation?

Louanges à Allah

Travailler dans la police c'est comme exercer n'importe quelle autre fonction. Certaines des tâches à accomplir sont licites , d'autres ne le sont pas. Le jugement varie en fonction des missions confiées à l'agent de police. Dans bon nombre de pays, malheureusement, on n'impose aux policiers de se raser la barbe, de saluer le drapeau et de vouer un respect particulier au plus gradé en le saluant à la manière des étrangers, fût il  mécréant ou pervers. Nous avons expliqué l'interdiction de cette manière de faire dans la réponse donnée à la question n° 4581 et dans la réponse donnée à la question n° 8230 et dans la réponse donnée à la question n° 8797.

S'agissant du travail de policier, il comporte, comme on le sait, une partie injuste et une partie juste. Celui qui est chargé de poursuivre les criminels et  les délinquants pour les mettre hors l'état de nuire , restituer les droits aux ayant droits, empêcher les agresseurs de continuer leurs agressions, nul doute que celui-là mène une bonne activité. Mieux, il peut même être récompensé par Allah s'il est animé d'une intention sincère de rétablir la justice et de mettre fin à l'injustice.

Celui qui s'emploie à s'emparer injustement des biens des autres, à les frapper, à les attaquer dans leur honneur et à les mettre en prison, nul doute que l'action d'un tel policier est interdite. Il fait même partie de ceux jugés en faillite au moment où ils rencontreront Allah dans l'Au-delà alors qu'ils doivent des droits aux gens. En effet, Allah prendra les biens qu'ils auraient fais pour les attribuer à leurs victimes en réparation des tors qu'ils (les mauvais policiers) leur avaient causés. Allah peut aussi prendre des mauvaises actions des victimes pour les attribuer à leurs bourreaux  à titre de réparation.

Cheikh al-islam Ibn Taymiyyah (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Si le Gouvernement prélève auprès des travailleurs des sommes (impôts et taxes) à utiliser au profit des gouvernants et des leurs, il ne faut pas collaborer avec eux en cela car ils sont tous injustes. C'est comme un voleur qui vole un autre voleur, et comme deux groupes qui se battent sur une base partisane ou  se disputent un pouvoir. Aucun homme ne doit coopérer dans une entreprise injuste.

Il y a deux types de coopération. Le premier consiste à coopérer dans la piété et la crainte d'Allah, donc dans le djihad, dans l'application des peines et dans le rétablissement des droits. Tout cela relève de ce qui est ordonné par Allah et Son Messager (Bénédiction et salut soient sur lui). Celui qui s'en abstient par crainte d'aider un injuste aura abandonné une obligation personnelle ou communautaire en croyant agir par scrupule. Que de fois, la lâcheté et la défaillance se confondent elles avec le scrupule puisque l'un et l'autre constitue un frein. Le second type de coopération favorise le péché et l'agression. C'est comme aider à verser le sang d'un innocent ou à s'emparer de ses biens ou à frapper quelqu'un qui ne le mérite pas, etc. Ce type de coopération est interdit par Allah et Son Messager.» Extrait de Madjmou' al-fatawa (28/283). Voir la réponse donnée à la question n° 103412.

On peut dire de ce travail ceci: si celui qui s'y engage le fait pour promouvoir le bien , réduire le mal, mettre fin à l'injustice, et se rendre utile au public dans la mesure du possible, il n' y a aucun inconvénient à s'y engager. Si on ne s'y engage que pour exploiter la fonction abusivement et s'enrichir frauduleusement sous le couvert de l'immunité liée à la fonction, si on en profite pour asseoir les lois positives, les défendre ou protéger un injuste ou agresser un innocent, ou commettre d'autres formes d'injustice qui tentent l'agent de police, nul doute qu'il est alors interdit de s'y engager. On craint que celui qui l'exerce dans ces conditions vienne le jour de la Résurrection en faillite donc sans apport positif et trainant un mauvais passif. Nous demandons à Allah le pardon et le bien être.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A
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