Thu 24 Jm2 1435 - 24 April 2014
1200

Les arguments de l’interdiction de la mixité.

Mon mari et moi-même, voulons suivre des cours d’arabe. Mais les classes sont mixtes et nous savons que cela est interdit. Qu’est-ce que la mixité? Quel est son statut ? Quel en est l’argument ?
Voici quelques détails complémentaires : la classe contient 10 étudiants dont une majorité de femmes à côté de non musulmans. Pouvons-nous, mon mari et moi-même y assister ?

Louange à Allah

La réunion des hommes et des femmes en un seul lieu, le mélange des deux groupes, leur interpénétration, leur bousculade, le fait que les femmes se dévoilent en présence des hommes sont des choses interdites par la loi parce que causes de tentation et de provocation du plaisir charnel et pouvant constituer des facteurs susceptibles de conduire aux turpitudes et aux péchés.

Les arguments de l’interdiction de la mixité abondent dans le livre et la Sunna. Nous en citons les propos du Très Haut : «ش vous qui croyez! N' entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu' invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais lorsqu' on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez- vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous (congédier), alors qu' Allah ne se gêne pas de la vérité. Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez- le leur derrière un rideau: c' est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d' Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui; ce serait, auprès d' Allah, un énorme péché.  » (Coran, 33 : 53).

Dans le cadre de son explication de ce verset, Ibn Kathir (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : «  De même que je vous ai interdit de les envahir, de même abstenez-vous totalement de les regarder. Si l’un de vous avait besoin de quelque chose auprès de l’une d’elle, qu’il ne la regarde pas et qu’il ne s’adresse à elle qu’à travers une barrière.

Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a tenu compte de l’interdiction de contact direct entre les hommes et les femmes, même dans les lieux qui lui sont les plus aimés sur terre : les mosquées, d’où la séparation entre les rangs des hommes et ceux des femmes et la pause recommandée aux hommes après la prière afin de permettre aux femmes de se retirer et l’affectation d’une porte spéciale aux femmes. Tout cela s’atteste dans ce qui suit :

- Um Salamata (P.A.a) a dit : « Quand le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) avait terminé sa prière, les femmes se retiraient aussitôt. Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) marquait une petite pause avant de se lever ». Ibn Shihab a dit : «  Je pense - Allah le sait mieux - qu’il observait la pause pour permettre aux femmes de se retirer avant d’être rattrapées par les premiers partants » (rapporté par Boukhari, n° 793) et par Abou Dawoud n° 876 dans le livre de la prière sous le titre : chapitre sur le départ des femmes avant les hommes.

-Ibn Omar a dit : « Le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «  Si nous laissions cette porte aux femmes ? » Nafi dit : « Ibn Omar n’est pas passé par ladite porte jusqu’à sa mort ». (Rapporté par Abou Dawoud, n° 484 dans le livre de la prière, chapitre «contrôle strict de cela ».

- Abou Hourayra (P.A.a) dit : «  Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «  Le premier des rangs occupés par les hommes en est le meilleur  et le dernier des rangs occupés par les femmes en est le meilleur » (rapporté par Mouslim, n° 664).

Ceci fait partie des plus grandes preuves de l’interdiction par la Charia des contacts directs entre les hommes et les femmes. Ce texte indique que plus l’homme est éloigné des rangs des femmes, mieux cela vaudra, et plus la femme est éloignée des rangs des hommes, mieux cela vaudra.

Si ces dispositions s’imposent dans la mosquée qui est un lieu de culte propre où les hommes et les femmes sont très éloignés de l’excitation de leurs désirs charnels, il est certain qu’elles s’imposent davantage ailleurs.

- Abou Assid al-Ansari a rapporté avoir entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dire alors qu’il sortait de la mosquée et que les hommes et les femmes se mélangeaient dans le passage : « Ô femmes, reculez car vous n’avez pas à emprunter le milieu du passage, marchez sur les bords ». Depuis lors, la femme collait au mur au point que ses vêtements s’y accrochaient ». (rapporté par Abou Dawoud dans le livre des règles de conduite de Ses Sunan, chapitre : «  La marche des hommes et des femmes sur le même chemin. »

Nous savons que la mixité et la bousculade entre hommes et femmes constituent une épreuve généralisée à nos jours dans la plupart des lieux tels que les marchés, les hôpitaux, les universités et ailleurs, mais (nous disons ceci) :

Premièrement, ce n’est pas notre choix et nous n’en sommes pas content en particulier au cours des conférences religieuses et des réunions des conseils d’administration des centres islamiques.

Deuxièmement, nous prenons des dispositions pour éviter le contact direct entre les hommes et les femmes et réaliser le maximum d’intérêts qui peuvent l’être. C’est ainsi que nous isolons les places réservées aux hommes de celles réservées aux femmes et affectons des portes à chaque groupe et utilisons des moyens de communication modernes pour faire entendre tout le monde et nous nous efforçons d’atteindre rapidement la suffisance en matière d’enseignement féminin, etc.

Troisièmement, nous craignons Allah dans la mesure du possible en baissant la voie et en maîtrisant nos âmes.

Voici un extrait d’une étude menée par un chercheur sociologue musulman à propos de la mixité. Voici ce qu’il a dit : « Quand nous avons posé la question suivante : «  Quel est le statut de la mixité dans la Charia selon vous ? » Nous avons obtenu les réponses suivantes :

- 76 % des personnes interrogées ont répondu qu’elle n’était pas permise ;

- 12 % ont répondu qu’elle était permise dans le respect des dispositions             morales et religieuses ;

- 12 % ont répondu par « je ne sais pas ».

A la question : qu’allez-vous faire si vous aviez à choisir comme lieu de travail entre un milieu mixte et un milieu non mixte, les réponses ont donné les pourcentages que voici :

- 67 % ont choisi le milieu non mixte

- 9 % ont choisi le milieu mixte

- 15 % ne refusent aucun milieu approprié à leur spécialité qu’elle soit mixte ou           pas.

Très gênant :

- Avez-vous vécu une situation gênante en raison de la mixité ?

Parmi les situations gênantes citées par les participants aux enquêtes figurent les suivantes :

- au cours d’un jour ouvrable, je me suis rendu au service. Une de mes collègues voilées qui se trouvait au milieu de ses collègues femmes s’était dévoilée et mon arrivée l’a surprise. Ce qui m’a beaucoup gêné….J’étais censé effectuer une expérience au laboratoire de l’Université, mais je me suis absenté ce jour-là et devais y aller le lendemain pour me rendre compte que j’étais devenu le seul objet de conversation de tout un groupe d’étudiants auquel s’était jointe la directrice de l’établissement et la responsable du Labo. Ceci m’a beaucoup gêné et bloqué mes mouvements quand je me suis confronté à ces regards féminins désapprobateurs et gênants qui ne cessaient de me poursuivre.

- j’essayais de sortir un vêtement féminin d’un placard au moment où, un collègue, qui se trouvait derrière moi, vint prendre quelque chose de son propre placard. Mon collègue se rendit compte de mon embarras et se barra très vite pour ne pas me gêner.

- Il est arrivé qu’une des étudiantes de l’Université s’est heurtée à moi au tournant d’un couloir bourré de monde. La collègue courait très vite pour assister à un cour magistral. Après le choc, elle a perdu son équilibre et je l’ai retenue de mes bras comme si j’allais la serrer contre moi. Vous pouvez imaginer combien nous étions gênés quand nous nous sommes aperçus que nous étions devant un groupe de jeunes insouciants.

- une collègue est tombée dans l’escalier de l’auditorium de l’Université et ses vêtements se sont repliés d’une façon très gênante et la façon dont elle était tombée ne lui a pas permis de faire l’effort nécessaire pour se relever tout de suite. C’est pourquoi un jeune homme qui a assisté à la scène n’a pas hésité à l’aide à se relever.

- je travaille dans une société. Une fois, je me suis rendue auprès de mon patron pour lui remettre certains papiers. Quand j’allais sortir du bureau, le patron m’a rappelée et quand je me suis retournée vers lui, je me suis rendue compte qu’il tenait sa tête entre ses mains. Je m’attendais à ce qu’il me demandât un dossier ou des papiers et je m’étonnais de son hésitation... Il s’est tourné vers le côté gauche de son bureau faisant semblant d’être occupé tout en m’adressant la parole. Je m’attendais à ce qu’il me dît tout sauf que mes vêtements étaient entachés du sang des menstrues. Est-ce que la terre pourrait s’ouvrir pour engloutir une personne absorbée par un instant de prière ? J’ai effectivement demandé que la terre m’engloutisse.

Les victimes de la mixité :  histoires réelles.

L’espoir est-il perdu ?

Um Muhammad est une femme mûre ayant dépassé la quarantaine. Elle raconte son histoire.

J’ai vécu avec mon mari une vie discrète, même si elle n’était pas marquée par le rapprochement et la cohésion. Mon mari ne possédait pas la forte personnalité qui convenait à mon orgueil de femme, mais sa bonté me poussait à passer sous silence le fait que j’assumais la majeure partie de la responsabilité des décisions qui concernaient ma famille.

Mon mari répétait souvent le nom de son associé et collègue au travail en ma présence et il le rencontrait souvent dans son bureau qui faisait partie de notre appartement et cela a duré pendant des années. Par la suite, des circonstances ont conduit cette personne et sa famille à nous rendre visite. A partir de ce moment, des visites familiales se sont répétées. La forte amitié qui liait la personne en question à mon mari faisait qu’on ne s’était pas rendu compte de l’augmentation du nombre des visites ni les heures qu’elles duraient. Il venait même parfois s’asseoir avec nous pendant de longues heures. La confiance que mon mari lui faisait n’avait pas de limite. Au fil des jours, j’ai connu l’homme de près. Il était magnifique et respectable et j’ai commencé à pencher vers lui et au même moment, il partageait mon sentiment.

Les choses se sont déroulées ensuite de façon étonnante car j’ai découvert que c’est cette personne qu’il me fallait et c’est d’une telle personne que j’avais rêvée... Pourquoi vient-elle maintenant après tant d’années ? Au fur et à mesure que cette personne gagnait de l’importance à mes yeux, mon mari en perdait comme si j’avais besoin de découvrir la beauté de sa personnalité pour me rendre compte de la laideur de la personnalité de mon mari.

Mes rapports avec cette personne n’ont pas dépassé ces sentiments qui m’ont préoccupé nuit et jour. Ni lui, ni moi n’avons pas révélé ce qui se cachait dans nos cœurs jusqu’à ce jour. Pourtant mon mari ne représentait plus pour moi qu’une personne faible, réticente et négative. Je commençais à le détester et me demandais comme il ne s’en était pas rendu compte. Je me demandais encore comment j’avais pu supporter tout ce fardeau pendant toutes ces années. L’évolution des choses a entraîné une dégradation de la situation au point que je lui ai demandé le divorce et il me l’a accordé compte tenu de mon désir. Mais il est devenu une épave.

Pire, après la dislocation de mon foyer et le choc subi par mes enfants du fait de mon divorce, la situation familiale de l’homme (l’amant) s’est détérioré car, par intuition féminine, sa femme a deviné ce qui se passait dans les méandres de nos cœurs et a transformé sa vie en enfer. Sa jalousie était telle qu’au cours d’une nuit, elle a quitté son domicile à deux heures du matin pour venir m’attaquer chez moi en criant, en pleurant et m’accablant d’accusations. Son foyer aussi allait s’écrouler.

J’avoue que les belles rencontres que nous avions ensemble nous ont donné l’occasion de nous connaître à un moment de notre vie qui n’était pas approprié.

Sa famille s’est disloquée comme la mienne.

J’ai tout perdu et je sais que les circonstances dans lesquelles nous vivons, lui et moi ne permettent pas de faire un pas en avant vers une union conjugale. Je suis devenue plus malheureuse que jamais et je suis à la recherche d’un bonheur fictif et d’un espoir perdu.

L’une pour l’autre

Um Ahmad nous a racontés ce qui suit : Mon mari avait un groupe d’amis mariés. La solidité de nos relations nous poussait à nous rencontrer hebdomadairement au domicile d’un membre du groupe.

En moi-même, je ne me sentais pas à l’aise dans cette atmosphère qui entourait ces dîners agrémentés par de chocolats et des apéritifs ponctués de vagues successives de rire suscitées par des plaisanteries qui dépassaient souvent les limites de la décence.

Au nom de l’amitié, elle a laissé de côté les manières et s’est permise d’écouter d’un moment à l’autre des chuchotements étouffés et secrets entre une telle et l’époux d’une telle. Les plaisanteries de mauvais goût s’étendaient sans pudeur à des sujets très sensibles comme le sexe et des choses réservées aux femmes. C’était courant, acceptable et très apprécié.

Je participais à ces causeries mais ma conscience en souffrait. Puis arriva un jour qui dévoila le caractère dégradé et méprisable de ces rencontres.

Le téléphone sonna et j’entendis la voix d’un des amis membres du groupe. Elle lui souhaita la bienvenue et s’excusa en raison de l’absence de son mari. Le correspondant affirma qu’il savait cela et qu’il appelait pour moi. Je devins furieuse quand il me proposa d’avoir un rapport  (intime) avec moi. Je lui tins des propos très durs. Mais il éclata de rire en disant : laisse tomber ce sérieux avec moi. Sois sérieuse avec ton mari et regarde ce qu’il fait. Ces propos m’ont brisé mais je me suis dit cette personne veut détruire mon foyer . En fait, il a réussi à m’inspirer des doutes à l’égard de mon mari.

Peu de temps après, arriva la grande catastrophe. Car j’ai découvert que mon mari me trompait avec une autre femme, c’était pour moi une question de vie ou de mort. J’en ai parlé directement à mon mari en ces termes : tu n’es pas le seul à pouvoir établir des relations extra-conjugales. En effet, on m’a déjà proposé un projet similaire ! Puis je lui ai raconté l’histoire de son compagnon et il n’en revenait pas... Si tu veux que j’accepte tes relations avec cette femme, accepte mon projet !

Il m’a donné sur le champs une gifle qui m’a secouée. Pourtant il savait que je n’entendais pas exécuter un tel projet. Mais il a réalisé le malheur qui avait frappé notre vie et l’atmosphère viciée dans laquelle nous baignions. J’ai beaucoup souffert avant que mon mari ne se soit débarrassé de cette traînée à laquelle il était attaché comme il me l’a avoué par la suite.

Oui, il l’a abandonnée et est retourné à moi et mes enfants. Mais qui pourra lui redonner la considération dont il jouissait auprès de moi ? Qui pourra lui redonner le respect et l’estime que je lui portais ? La grande blessure que ces rencontres ont infligé à mon cœur y provoque le regret et la brûlure ... Cette blessure fournira toujours un témoignage sur le caractère néfaste de ses veillées dites innocentes. Ce cœur blessé sollicite la pitié du Maître puissant.

L’intelligence est aussi une source de tentation

Je travaille comme chef de section dans une grande société. J’éprouve une certaine admiration pour l’une de mes collègues depuis bien longtemps. Ce n’est point pour sa beauté mais pour son sérieux dans le travail, son intelligence et sa supériorité doublée du fait qu’elle est une femme très respectable, très réservée qui ne s’occupe que de son travail. Mon admiration s’est transformée en attachement. Pourtant je suis un homme marié qui craint Allah et qui ne néglige aucune prescription. Je lui ai fait part de mon sentiment, mais elle s’est détournée de moi car elle aussi est mariée et a des enfants et ne voit aucune justification pour l’établissement de quelque relation que ce soit avec elle, et quelle que soit l’appellation donnée aux relations comme amitié, collégialité, admiration etc. Parfois un mauvais sentiment m’envahit car il m’arrive de souhaiter au fond de moi-même que son mari se sépare d’elle pour que je l’épouse.

J’ai commencé à exercer des pressions sur elle au travail et je disais du mal de son niveau devant ses supérieurs. C’était une sorte de revanche. Mais elle accueillait mes remarques avec tolérance sans formuler une plainte, un commentaire ou une désapprobation. Elle poursuivait son travail et celui-ci prouvait son niveau. Ce qu’elle savait très bien. Plus je m’attachais à elle, plus elle s’éloignait de moi.

Je ne suis l’homme que les femmes peuvent séduire facilement car je crains Allah et ne dépasse pas dans mes relations avec elle le cadre des nécessités du travail. Mais voilà que celle-là m’a bien séduit. Quelle solution ? Je n’en sais rien.

Tel père tel fils ?

N.A.A, une fille de 19 ans a raconté ceci :

Jeune enfant, je regardais de mes propres yeux les veillées qui réunissaient les amis de la famille à la maison. Ce dont je me souviens est que je ne voyais qu’un seul homme : mon père. J’observais ces mouvements et ces déplacements. Ces regards dévoraient littéralement les femmes depuis les jambes jusqu’aux poitrines. Il savourait l’évocation des yeux de l’une, des cheveux d’une deuxième et de la taille d’une troisième. Ma pauvre mère, obligée d’organiser les cérémonies, était une femme très simple.

Parmi les invités, il y avait une dame qui cherchait délibérément à attirer l’attention de mon père, elle s’installait près de lui tantôt et faisait des gestes très laxistes tantôt. J’observais tout cela avec intérêt alors que ma mère, restée dans la cuisine, s’occupait de ses hôtes.

Les réunions ont été interrompues brusquement et, malgré mon jeune âge, j’ai essayé de comprendre ce qui s’était passé et d’analyser ce qui était arrivé, mais je n’y suis pas parvenue.

Ce dont je me souviens c’est que ma mère s’était complètement effondrée à l’époque et ne supportait plus d’entendre parler de mon père à la maison. J’entendais les adultes chuchoter autour de moi et employer des termes comme : (trahison, chambre à coucher, elle les a vus de ses propres yeux, la traînée, dans une situation déshonorante..) entre autres termes clés que seuls les adultes comprenaient.

Devenue adulte, j’ai compris et j’ai détesté tous les hommes et les ai pris pour des traîtres. Ma mère, ruinée, accuse toute femme qui vient nous voir qu’elle est une voleuse d’hommes et qu’elle va s’emparer de mon père. Quant à celui-ci, il est resté égal à lui-même et n’a cessé de se livrer à son passe-temps préféré qui consiste à courir derrière les femmes.

Maintenant, j’ai 19 ans et je connais beaucoup de jeunes et j’éprouve un plaisir débordant quand je me venge d’eux puisque je les considère tous comme une copie conforme de mon père. Je les attire et leur fais espérer sans qu’ils puissent couper un de mes cheveux ; ils me poursuivent dans les centres commerciaux et les marchés à cause de mes mouvements et mes gestes suggestifs délibérés. Mon téléphone ne cesse de sonner. Parfois, j’éprouve une certaine fierté de mes actes qui visent à venger le sexe féminin donc ma mère. Tantôt, j’éprouve remords et déception au point d’en étouffer. Ma vie reste un gros nuage noir qui porte le nom de mon père.

Avant que la hache ne s’abatte  sur la tête

S.N. A raconte son expérience :

Je ne pouvais pas imaginer qu’un jour les circonstances qui entourent mon travail me mettraient en contre direct avec l’autre sexe (les hommes). Mais c’est ce qui s’est passé effectivement.

Au début, je me cachais devant les hommes en utilisant le voile. Mais certaines sœurs m’ont fait savoir que ce vêtement attire davantage l’attention des autres sur moi et qu’il valait mieux l’abandonner, étant donné surtout que mes yeux étaient un peu attirants. J’ai effectivement retiré le voile en croyant que c’était préférable...

Après m’être habituée à la fréquentation de mes collègues, je me suis rendue compte que je me singularisais en leur sein à cause de ma froideur et mon manque de participation aux conversations et à l’échange de propos courtois. Tout le mode se méfiait de cette femme (sauvage à leurs yeux). C’est ce qu’une personne m’a révélé quand elle m’a assuré qu’elle ne désirait pas traiter avec une personne orgueilleuse et hautaine. Pourtant, j’étais tout sauf cela. Toujours est-il que j’ai décidé de ne pas me faire injustice en me plaçant à l’écart des collègues. J’ai commencé à partager leur vie pleinement. Et ils se sont tous rendus compte que je jouissais d’une grande éloquence et d’une grande capacité de convaincre et d’influencer. Je parlais de manière tranchée mais assez attractive pour certains collègues. Peu après, j’ai remarqué une certaine influence sur le visage d’un responsable direct. Cette influence se traduisait par la confusion, le jaunissement du teint, un plaisir perceptible tiré de ma manière de parler et de mes gestes.

Ce responsable suscitait délibérément certains sujets pour m’attirer dans la discussion. Ces yeux laissaient apercevoir des regards haineux. Cependant je ne puis pas nier qu’à partir de ce moment j’ai commencé à penser à cet homme, même si cela s’accompagnait d’une certaine stupeur et de l’étonnement pour la facilité avec laquelle l’homme peut tomber dans les filets d’une femme engagée !... Je me demandais ce qu’il en serait si cet homme avait affaire à une femme exhibitionniste qui l’invitait à la débauche ? Il est vrai que je ne pensais pas à lui de manière illégale, mais après tout, il a occupé une place dans ma pensée pour un laps de temps non négligeable. Peu après, mon orgueil et mon refus d’être l’objet d’un plaisir quelconque, fût -il purement moral, pour cet homme étranger, m’ont poussé à barrer la route à tout ce qui pouvait m’obliger à me retrouver en tête-à-tête avec lui. Au bout du compte, j’ai appris les leçons que voici :

1. Les deux sexes s’attirent l’un vers l’autre dans n’importe quelle situation, quel que soit l’effort fait par l’homme et la femme  pour ignorer cela. L’attrait peut commencer dans la légalité et finir dans l’illégalité.

2. Quel que soit l’effort fourni pour se protéger, l’on ne peut pas être à l’abri des filets de Satan.

3. Si l’on se sent vacciné et traite avec l’autre sexe dans les limites du raisonnable, on ne peut pas maîtriser les sentiments et les impressions de l’autre partie.

4. La mixité ne comporte aucun bien et ne produit pas les fruits qui lui sont prétendument reconnus. Bien au contraire, elle paralyse la réflexion saine...

Quoi après ?

Nous nous demandons après avoir abordé tous ces aspects liés à la mixité, que faudrait-il en déduire ?

Il est temps de reconnaître que, quel que soit notre effort mené pour embellir la mixité ou la minimiser, ses mauvais effets nous poursuivent et ses dégâts frappent nos familles.

La nature saine se refuse à admettre que la mixité offre une atmosphère saine aux relations sociales. C’est cette nature qui a poussé la majorité des personnes interrogées (76 %) à préférer travailler dans un cadre non mixte. Le même pourcentage (76 %) ont déclaré la mixité illégale.

Ce qui attire le regard ce n’est pas cet honorable pourcentage qui montre que notre société musulmane est encore propre selon ses membres, mais plutôt, le petit pourcentage de ceux qui affirment la légalité de la mixité soumise aux critères fournis par la religion, la coutume, les traditions, les mœurs, la conscience, la pudeur, la discrétion jusqu’à la fin d’une série de belles valeurs aptes selon eux à tracer les limites de la mixité.

Mais nous leur demandons : est-ce que la mixité à laquelle nous assistons aujourd’hui dans nos universités, nos marchés, nos lieux de travail et nos rencontres familiales et sociales est conforme aux critères susmentionnés ? Ces lieux ne regorgent-ils pas d’excès dans la manière de s’habiller, dans les conversations et les comportements ? Nous voyons l’exhibitionnisme, le laxisme vestimentaire, les tentations, les relations suspectes...

En fait, plus de morale, plus de conscience, plus de discrétion. C’est comme si l’on voulait dire : la mixité telle qu’elle se manifeste actuellement ne satisfait même pas ceux qui sont favorable à une mixité saine.

Il est temps pour nous de reconnaître que la mixité est cette chose chaude, humide et collante qui offre un terrain fertile aux parasites sociaux toxiques. Car ils se développent dans ses angles, sur ses murs et plafonds. Ils prolifèrent en tous sens sans que l’on se rende compte que la mixité en est la cause. La mixité est en vérité la source d’une tentation silencieuse. Car c’est à son ombre que les cœurs gagnés par les désirs charnels font mauvais pas et les trahisons éclatent et les foyers comme les cœurs s’écroulent.

Nous demandons à Allah le salut, la sécurité et l’amélioration de notre situation. Puisse Allah bénir notre Prophète Muhammad.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
Create Comments