127500: Le jugement de la congratulation des non musulmans à des occasions sans rapport avec la religion


J'ai lu des fatwas concernant l'interdiction de congratuler les non musulmans lors de leurs fêtes et cérémonies religieuses. Mais je voudrais savoir le jugement de les congratuler à des occasions relatives à des cérémonies personnelles comme le mariage et le retour d'un absent.

Date de Publication: 2015-12-31

Louanges à Allah

Premièrement, congratuler les mécréants lors de leurs fêtes religieuses est indubitablement interdit. Nous l'avons déjà expliqué dans de nombreuses fatwas et avons lancé une mise en garde à ce propos. Voir la question n°1130, la question n° 947,la question n°  11427, et la question n°4528

Deuxièmement, s'agissant de leurs cérémonies personnelles comme le mariage, une réussite scolaire, un recrutement, une guérison, la naissance d'un enfant, le retour d'un voyage, etc., voilà des questions qui font l'objet d'une convergence de vues au sein des ulémas. D'où trois avis tous rapportés d'après l'imam Ahmad: les uns autorisent, d'autres interdisent et d'autres enfin lient leur acceptation à la condition de l'existence d'un intérêt religieux tel l'attraction des cœurs vers l'islam ou l'appel à la religion. Ce dernier avis est le mieux argumenté. C'est aussi le choix de cheikh al-islam (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde).

Ibn Mouflih (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Il est interdit de leur présenter des félicitations, des congratulations et condoléances...D'après l'imam Ahmad, cela est permis en présence d'un intérêt bien compris telle  l'espérance d'une conversion à l'islam. C'est le choix de notre cheikh, Ibn Taymiyah. Celui d'al-Adjouri va dans le même sens. Selon les ulémas, on se rend au chevet (du malade non musulman) pour lui présenter l'islam. Selon Abou Dawoud, il est bien de le faire avec l'intention de l'inviter à adhérer à l'islam.» Al-fourou wa tashih al-fouou (10/334).

Nous n'en attirons pas moins l'attention de tous sur l'existence d'autres conditions à remplir pour qu'on puisse parler d'autorisation, notamment:

1.Le lieu de présentation des félicitation et de la visite doit être débarrassé de faits condamnables comme la mixité (entre hommes et femmes), la musique, des denrées alimentaires interdites de consommation. Si les cérémonies des musulmans se passent rarement sans aspects condamnables, que dire des non musulmans? Voir la réponse donnée à la question n° 3325.

2. Les termes employés dans les congratulations doivent être exempts d'un contenu contraire à la loi religieuse. On doit commencer par le salut ou par la prière pour que puissance et longévité soient accordées à l'interlocuteur.

Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Chapitre sur la présentation de félicitations aux non musulmans à l'occasion d'un mariage, de la naissance d'un enfant, du retour d'un absent, du fait d'être sauvé suite à un évènement malheureux, etc. Cela fait l'objet de diverses versions reçues d'Ahmad. Tantôt ,il autorise, tantôt il interdit. Le discours sur ces actes est identique à celui qui porte sur la présentation de condoléances, la visite rendue à un malade car rien ne les différencie. Toutefois, il faut éviter de faire comme les ignorants qui emploient des termes qui traduisent leur acceptation de la religion de l'autre tels: «Puisse Allah te permettre de te réjouir de ta religion» «Puisse Allah te rendre plus fort.» «Puisse Allah te donner de la puissance.» «Puisse Allah t'honorer» à moins d'ajouter 'grâce à l'islam',etc. Cela est dit à propos des félicitations portant sur des choses communes. Voir ahkaam ahl adh-dhimmah (1/441).

3. On ne congratule ni un mécréant ni un musulman rentré d'un voyage impliquant une désobéissance ou une guerre dirigée contre les musulmans ou pour occuper une fonction interdite comme l'exercice d'un emploi dans une banque ou l'exercice de la magistrature de manière à appliquer des lois autres que la charia.

Ibn al-Qayyim (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:« Quiconque félicite un fidèle pour avoir commis un acte de désobéissance ( envers Allah) ou une innovation (religieuse) ou un acte de mécréance, s'expose au dépit et au courroux d'Allah. Des ulémas réputés scrupuleux avaient l'habitude d'éviter de féliciter des tyrans portés au pouvoir, des ignorants nommés magistrats, enseignants ou muftis afin de se mettre à l'abri du courroux d'Allah et perdre Sa considération. Si l'on est contraint à le faire avec l'intention de repousser un mal redouté pouvant provenir de leur part et si, dans ce cas, on se rend auprès d'eux (les tyrans) pour ne dire que du bien et demande pour eux l'assistance (divine) et le redressement, cela ne représente aucun inconvénient.» Ahkaam ahl adh-dhimma (1/441-442).

4. Eviter de féliciter les chefs des mécréants tels les évêques, les rabbins, et les dignitaires mécréants dont la conversion à l'islam est désespérée car la présentation de félicitations à de telles personnes et la participation à leurs cérémonies les rehaussent et abaissent le musulman, à moins que ce dernier soit fondé à espérer qu'une personne déterminée parmi ses interlocuteurs est susceptible de se convertir. Dans ce cas, il est permis (de le féliciter ) puisque le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) s'était rendu au chevet de son oncle paternel malade, Abou Talib.

Interrogé à propos de la présentation de félicitation à un évêque à l'occasion de son arrivée, cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «Quant au déplacement du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) pour se rendre au chevet de son domestique juif malade dans le but de lui proposer la conversion à l'islam qu'il accepta, comment le comparer à la visite rendue à un évêque pour le féliciter suite à son arrivée et pour lui remonter le moral?! Seuls un ignorant ou un homme dominé par sa passion puissent tenter une telle comparaison.» Madjmou' fatawa cheikh al-Outhaymine (3/47).

En somme, l'avis le mieux argumenté va dans le sens de la permission de la présentation des félicitations sous réserve du respect des conditions sus mentionnées. Il est toutefois plus prudent de s'éloigner complètement d'eux (les mécréants)  et d'éviter leur fréquentation.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A
Create Comments