Sat 19 Jm2 1435 - 19 April 2014
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Comment le Coran peut il constituer un miracle pour les non-Arabes qui ne connaissent pas l'arabe?

Le Coran se présente comme une parole miraculeuse transmise par Allah à Son Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) d'après ce qui est affirmé dans un nombre de versets coraniques et dans le hadith rapporté par al-Bokhari sous le numéro 7274. Voilà pourquoi je demande comment le Coran pouvait il constituer un miracle pour les non-Arabes qui ne connaissaient pas l'arabe et qui constituaient à l'époque la majorité des habitants du monde?

Louanges à Allah

Premièrement, le hadith cité dans la question est celui rapporté par Abou Haourahrah selon lequel le Messager d'Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: « Il a été donné à chaque prophète assez de signes pour que tous les humains croient en lui. Quant à moi, j'ai reçu une révélation venue d'Allah qui me fait espérer avoir le plus grand nombre d'adeptes au jour de la Résurrection.» (Rapporté par al-Bokhari,1044 et par Mouslim,152).

Après avoir cité différentes possibilités d'interprétations du hadith, ibn Hadjar (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) ajoute: «On dit encore qu'il s'agit des miracles des prophètes disparus après leurs époques et qui n'ont été constatés que par leurs contemporains. Quant au miracle que constitue le Coran, il restera jusqu'au jour de la résurrection. Son caractère miraculeux réside dans son style, son éloquence et ses informations relevant du mystère.

A chaque siècle se révèle une des choses prédites par le Coran, ce qui prouve l'authenticité de son contenu. Voilà la plus solide interprétations. Elle est complétée par ceci: on dit encore que les miracles antérieurs étaient de l'ordre du perceptible et  visible à l'œil comme la chamelle de Salih et le bâton de Moise. Quant au miracle coranique, il s'adresse à la vue intérieure (l'esprit). D'où le grand nombre de ses adeptes. Car ce qui ne peut être saisi que par l'œil disparait avec la disparition de celui qui l'a vu alors que ce qui est perçu par l'esprit demeure après le premier à l'avoir perçu.» (Fateh al-Bari,9/70).

Deuxièmement, s'agissant de la réponse à la question:  comment le Coran pouvait il constituer un miracle pour les non-Arabes qui ne connaissaient pas l'arabe et qui constituaient à l'époque la majorité des habitants du monde? Que l'on sache que le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) fut envoyé au sein d'Arabes qui se distinguaient par leur éloquence et leur maîtrise de l'art de s'exprimer.

C'est pourquoi Allah Très Haut dota le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) d'un signe de la même nature que ce qui  distinguait  son peuple des autres pour qu'il pût les défier et les réduire au silence avec pertinence. Ce fut le cas de Moise qui eut un bâton  pour signe miraculeux car il lui permit de faire face aux opérations magiques trompeuses ( des ces adversaires). Quant à Jésus (psl), il eut pour miracle la capacité de guérir   des lépreux et des sourds muets à une époque où la médecine était florissante.

En ce qui concerne les Non Arabes de tout temps et la question de savoir comment le Coran peut être considéré comme un miracle pour eux et de savoir s'ils sont concernés par le   défi, voici quelques explications:

1.Tous les Arabes  ne connaissent pas la langue arabe en particulier sa clarté et sa concision. Tous les Non Arabes non plus n'ignorent pas la langue arabe. Ceci permet de comprendre que le défi fut lancé à celui qui connaissait l'arabe, qu'il en soit un locuteur ou qu'il l'ait appris, comme le font les Non arabes. Voilà qui permet expliquer que la situation des non Arabes est comme celle des Arabes qui ignorent leur langue.

Abou Abdoullah al-Qourtoubi (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde) a dit: «Si on dit: la ressuscitation des morts, la transformation d'un bâton en serpent et d'autres actes (extraordinaires) pareils  ne laissent subsister aucun doute chez le spectateur. Ceci est valable pour toutes les personnes raisonnables; un tel spectacle ne leur laisse aucun doute. Bien au contraire, ils en déduisent une connaissance définitive. Cela est tout à fait différent de ce que votre Prophète prétend à propos du caractère miraculeux du Coran car cela ne saute pas aux yeux pour tous puisque vous les êtes les seuls à le savoir et , selon toujours vos allégations, les éloquents parmi vous.

Quant à celui qui n'est pas éloquent ou qui  n'est pas arabe  et donc ne comprend pas l'arabe, il ne peut pas connaitre le caractère miraculeux du Coran. En effet, si on imposait au non arabe de prononcer un seul mot de l'arabe, il ne pourrait le faire. Son incapacité à le faire   ne confirmerait pas le défit. Il en est de même pour l'arabe non éloquent. Si on lui demandait de produire un discours arabe éloquent, il ne pourrait le faire et cela n'impliquerait aucun miracle pour lui.

Réponse

Nous disons: nous expliquerons , s'il plaît à Allah, les nombreuses facettes du caractère miraculeux du Coran. Il en est des aspects que tout le monde peut saisir, les citadins comme les ruraux. C'est comme la transformation du bâton en serpent et le ressuscitation des morts. A supposer qu'il ne soit miraculeux que dans sa concision et dans son style différent de celui qu'ils connaissaient jusqu'alors, nous dirions que la connaissance de son caractère miraculeux, le constat de la ressuscitation des morts et de la transformation du bâton en serpent  ne sont pas à la portée de tous les gens raisonnables  de la même manière et en même temps. Cela n'est donné qu'à celui qui saisit l'aspect extraordinaire de la chose miraculeuse car c'est ce qui permet de comprendre que cet aspect là ne relève pas de ce qui est à la portée de l'humain et que seule une intervention spéciale lui en donne l'accès.

On n'exclut pas que quelqu'un qui ignore la pratique médicale ou la magie rencontre une difficulté qui l'empêche de percevoir la performance de Moise comme un miracle et se dise: peut-être Moise aurait découvert une dimension de la magie inaccessible aux autres. On  peut se dire encore: peut-être Jésus aurait il découvert une vertu de certaines pierres ou de certains objets d'où l'emploi  apparemment miraculeux qu'il en faisait. La difficulté de la question ne peut se présenter qu'à celui qui ignore la médecine et la magie.

Quant à celui qui les maîtrise, la difficulté n'existe pas pour lui car le goût et la pratique lui permettent de savoir ce qui est arrivé et de comprendre qu'il ne relève pas de ce qui est réalisable grâce à une manœuvre artificielle ni à la découverte d'un moyen spécial et que c'est l'œuvre du Créateur des créatures et que le Créateur a voulu par ce biais faire croire à celui qui prétend être un prophète; Il a voulu en faire le fondement d'un témoignage irréfutable.

Il en résulte que la connaissance du caractère miraculeux de la ressuscitation des morts, de la transformation du bâton, cette connaissance, disons nous, est réservée aux magiciens et aux médecins. Elle n'est pas donnée  à un grand nombre de ceux, peu intelligents, qui ignorent la médecine et la magie. On peut en dire de même du caractère miraculeux du Coran. Car il n' y a aucune différence. Ne saisit le caractère miraculeux du Coran que celui qui possède une aptitude naturelle conférant le goût permettant  d' apprécier la langue arabe et d'appréhender la différence entre (l'arabe du) Coran et la langue arabe classique.

Ceci permet de savoir que les arabes ne sont pas en mesure de produire un discours comparable au Coran. Si en dépit de leur grande éloquence, les Arabes sont incapable de l'imiter, il en est de même a fortiori des autres. Dans le même ordre d'idées, nous disons si les médecins sont incapables de ressusciter les morts, de guérir le sourd-muet et le lépreux, et si les magiciens sont incapables de transformer un bâton en serpent, les non magiciens en sont a fortiori plus incapables.

Leur affirmation: «Ce sont les Arabes qui en sont incapables non les non Arabes» peut être contredit en ces termes: «Seuls les médecins sont incapables de ressusciter les morts non les non médecins et seuls les magiciens sont incapables de transformer un bâton en serpent non les non magiciens.» Ce qu'ils croient distinguer leur argumentation, distingue la notre. S'y ajoute que nous disposons d'autres arguments  de nature à résoudre le problème.

Nous allons démontrer  d'autres aspects du caractère miraculeux du Coran pouvant être compris par tout être humain, arabe ou non arabe, mage ou adepte du Livre , ce que nous expliquerons, s'il plaît à Allah, plus bas. De tout ce qui précède, on apprend que Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) a apporté le Coran et l'a présenté comme un défit et un miracle. Or tout humain qui apporte un miracle et défie les autres à l'imiter est véridique. Le résultat qui en découle est bien connu: Muhammad (Bénédiction et salut soient sur lui) est véridique.« al-Ilaam bi ma fii dini an-nassara min al-fassad wal awham wa idhaari mahassin al-islam,p.336.

2. Des ulémas disent que le caractère miraculeux du livre d'Allah Très haut ne réside pas seulement dans ses mots car on le trouve encore dans ses sens, son agencement et ses expressions. Son inimitabilité pour les Arabes concernent les mots (la forme). Pour les autres, cette inimitabilité consiste dans l'incapacité  d'un linguiste  quelconque de produire un discours, en quelque langue que ce soit, comparable au Coran.

Al-Djassas (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit: «La parole du Très haut: «  Dis: "Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s'ils se soutenaient les uns les autres".» (Coran,17:88 ) indique l'inimitabilité du Coran. Des gens disent que cette inimitabilité porte sur sa composition, sur ses sens et son agencement. Ceux-là tirent leur argument du défi lancé  ici aux Arabes et aux non arabes; aux humains comme aux djinns.

En effet, il est bien connu que la composition ne peut pas constituer un défi pour les non arabes. C'est plutôt les sens et l'agencement qui peuvent l'être pour eux. D'autres refusent de lui reconnaitre un aspect miraculeux autre que celui résidant dans la composition des mots et dans la concision de l'expression. Ce groupe dit: l'inimitabilité du Coran revêt plusieurs aspects. Il en est la belle composition, l'excellence et la concision dans l'expression qui permet de mettre beaucoup de sens en peu de mots, ce qui est doublé de sa protection contre la présence  de termes désagréables  ou répugnants et contre la contradiction et le contre sens. Tout le contenu du Coran renferme ces aspect également.

Tout discours humain long est nécessairement entaché de termes vulgaires, de sens inexacts et de contradictions. Ces défauts peuvent apparaître dans des discours prononcés dans toutes les langues. Ils ne sont pas l'apanage de la langue arabe. Dès lors, Ils peuvent faire l'objet d'un défit lancé contre les non arabes puisqu'on peut leur demander de produire en leur langue un discours débarrassé de tels défauts.

Par ailleurs, l'éloquence n'est une vertu exclusive de l'arabe, même si cette langue en possède la meilleure forme. Nous savons que le Coran a atteint le plus haut degré de clarté. Aussi est il permis que le défi qu'il véhicule par rapport aux non arabes consiste à leur demander  de produire  en leurs langues un discours du même niveau de clarté.» Ahkaam al-qour'an,5/34-35).

3. Les aspects de l'inimitabilité du Coran sont nombreux car ils ne se limitent pas à sa composition et à sa concision. Ceci  fit dire à des ulémas que le livre d'Allah est inimitable pour tous, les Arabes comme les autres. l'objet du défi lancé par Allah Très Haut comprend tous les aspects. Ce qui explique qu'Allah adresse le défi aussi bien aux humains qu'aux djinns en leur demandant de produire un discours pareil au Coran. Fait partie des aspects de l'inimitabilité du Coran la véracité de ses prédictions.

Abou Abdoullah al-Qourtoubi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit:« le troisième aspect de l'inimitabilité du Coran s'exprime  en termes d'informations données avant qu'un être   humain n'en possédât la connaissance, des informations portant sur des êtres non encore existants, toutes choses qui ne peuvent être connues que grâce aux véridiques qui transmettent des informations reçues d'Allah Très haut. Nous allons en citer des éléments à titre de brèves illustrations pouvant nous permettre de nous passer de longues explications:

Relève de ce chapitre la parole du Très haut: « Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité: vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela (la trêve de Houdaybiya) une victoire proche. » (Coran,48:  27 ) fait partie des plus clairs miracles du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) car Allah lui avait promis d'entrer en compagnie de son peuple et en toute sécurité dans l'enceinte de la mosquée sacrée et de conquérir La Mecque de la meilleure manière. Ils ne cessaient d'attendre la concrétisation de cette promesse jusqu'au moment où cela se réalisa et ils entrèrent dans la ville comme prévu.» al-Ilaam bi ma fii dini an-nassara min al-fassad wal awham wa idhaari mahassin al-islam,p.337.

La question fait l'objet d'autres avis mais ce que nous en avons cité suffit puisqu'il constitue le meilleur de ce qui a été dit. En voici le résumé: le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) était un arabe. Le Coran est arabe. Le Prophète  fut envoyé au milieu d'arabes d'une extrême éloquence. Son plus grand miracle a été le livre d'Allah Très haut. Les Arabes restèrent incapables d'imiter le Coran dans ses termes, ses expressions, son style et sa clarté. Ce qui permit aux raisonnables parmi les éloquents maîtres du verbe que le Coran n'est pas un discours humain et les poussa à se convertir à l'islam.

Quant aux arabes qui n'étaient pas éloquents et les non arabes, on leur explique les sens du Coran, ses dispositions et les aspects de son caractère miraculeux qu'ils sont en mesure d'appréhender. Cela peut provoquer en eux un degré de conviction leur permettant de comprendre que le Coran n'est pas une parole humaine. C'est ce qui fit que la compréhension d'un seul noble verset pouvait  provoquer la conversion de bon nombre de non arabes . Même si le non arabe ne pouvait pas saisir l'éloquence du discours, son sens  bien compris provoquait sa conversion à l'islam.

De nombreux récits l'attestent. Notre époque en a enregistré un grand nombre. Les convertis l'ont été après avoir appris que les versets ne pouvaient pas  provenir d'un être humain et que du temps du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) il n'existait  ni appareils ni découvertes (scientifiques) susceptibles de permettre au Prophète de transmettre des sciences aux gens. Ils comprirent dès lors qu'ils étaient en face d'une révélation venue du ciel. Ce qui les poussa à se convertir. Cette explication nous permet de savoir la conformité du hadith évoqué par l'auteur de la question à la réalité.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A
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