Mon 21 Jm2 1435 - 21 April 2014
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Doivent-ils suivre le Conseil européen, même s’il adopte le calcul astronomique ?

Nous, les représentants de l’administration d’un centre islamique en Grande Bretagne, voulons fixer le début et la fin du Ramadan pour les prieurs utilisateurs de notre centre. Nous nous sommes fixés comme objectif d’essayer de réaliser l’unité des musulmans et nous faisons de notre mieux pour harmoniser leurs points de vue sur ce sujet. Certains d’entre eux pensent devoir compter sur la vision (oculaire du croissant lunaire) tandis que d’autres acceptent le résultat du calcul (astronomique). Le Conseil Européen pour la Consultance Religieuse a son point de vue sur la question et il reste la source légitime des Fatwa pour les musulmans d’Europe.
Notre question est la suivante :
Devons-nous suivre le Conseil Européen pour la Consultance Religieuse, même s’il adopte le calcul astronomique, ou poursuivre notre démarche visant à réaliser l’unité des mosquées de notre ville, même si elle est opposée à l’avis du Conseil ?

Louange à Allah

Il n’est pas permis de compter sur le calcul astronomique pour établir le début et la fin du mois de Ramadan. Il faut se fonder sur la vision du croissant lunaire conformément à la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Jeûnez quand vous l’aurez vue et rompez votre jeûne quand vous l’aurez vue ». (rapporté par al-Boukhari, 1909 et par Mouslim, 1081). Voir la question, 1602.

Les musulmans admettent unanimement qu’il n’est pas permis de substituer le calcul astronomique à la vision du croissant quand le ciel est clair. Quand il est nuageux, certains ulémas admettent que le calcul astronomique puisse être personnellement valable pour celui qui s’y livre.

Cheikh al-islam Ibn Taymiyya (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : « Il est nécessairement connu dans la religion musulmane qu’on doit compter sur la vision du croissant lunaire pour le jeûne, et pour la fixation du temps du pèlerinage et de la durée du délai de viduité et pour d’autres dispositions liées au moment de l’apparition du croissant lunaire. Il n’est pas permis de se fonder sur la déclaration de l’auteur d’un calcul selon lequel on verra ou ne verra pas le croissant. Des textes concordants véhiculant des propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) abondant dans ce sens. Les musulmans l’admettent à l’unanimité. Et ceci n’a fait l’objet d’aucune divergence de vues ni  jadis ni à l’époque contemporaine. Cependant une partie des dernières générations de jurisconsultes venus après le 3e siècle (9eAC) prétend que, quand les nuages empêchent la vision du croissant, il est permis à celui qui est capable de faire un calcul astronomique d’y avoir recours pour son propre compte. Si le résultat indique la présence de la lune, il jeûne. Autrement, il s’en abstient. Bien que limité à la présence de nuages et n’engageant que l’auteur du calcul, cet avis est rare et viole un consensus antérieur. Quant au fait de dépendre du calcul même si le  ciel est dégagé et d’en faire le fondement d’un jugement général, aucun musulman ne l’a dit.

Madjmou’al-fatawa, 25/132.

Cela dit, il ne vous est pas permis de suivre le dit Conseil s’il se fonde sur le calcul astronomique et pas sur la vision du croissant lunaire. Fondez-vous sur la vision conformément à l’ordre du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et au consensus des Musulmans.

Puisse Allah vous assister à faire ce qu’il aime et agrée.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A
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