Fri 25 Jm2 1435 - 25 April 2014
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La forte présence du mal en soi

Que doit faire celui qui constate le mal en lui-même et réalise que le mal l’emporte sur le bien en lui ?

Louange à Allah

L’homme est faible et tiraillé entre les penchants au bien et les penchants au mal. La faiblesse le pousse (parfois) à s’engager dans la voie de la perversion et de la déviation. Le mal le pousse vers l’injustice et l’agression. Satan lui embellit les mauvais actes et lui justifie tout comportement dévié.

Cependant, des éléments du bien remue sa conscience, l’incite au regret et lui inspire le retour à la vérité et l’acceptation de l’appel de la raison.

La différence des capacités de l’homme apparaît à travers la force de sa volonté, la pureté de son esprit et la transparence de son âme.

Certains s’entraînent à marcher sur la voie de la vertu et des bonnes actions, s’imposent de bons principes et de bonnes moeurs, résistent aux plaisirs charnels et aux tendances déviées. En outre, ils s’imposent la droiture et l’équité. Ceux-là peuvent s’affronter au mal et supporte pour cela toute difficulté et ne perdent pas l’espoir de voir le bien triompher du mal définitivement.

D’autres s’adonnent aux plaisirs, s’avèrent incapables de s’imposer la vertu, s’écartent de l’observance de bon nombre des prescriptions d’Allah et celles de Son messager, se trouvent affaiblis en cas de confrontation et perdent l’espoir de voir le bien l’emporter sur le mal.

Dans toute cette affaire, le secret réside dans le combat que le fidèle livre à sa passion, à son âme charnelle très encline à lui ordonner de faire du mal, pour être guidé par Allah. Allah le Très Haut : «Et quant à ceux qui luttent pour Notre cause, Nous les guiderons certes sur Nos sentiers. Allah est en vérité avec les bienfaisants.» (Coran, 29 : 69).

Voici quelques belles expressions à la mudjahada (lutte pour maîtriser son âme charnelle) que nous empruntons à Ibn al-Quayyim (puisse Allah lui accorder sa miséricorde) :

- «Ô pieds de la patience ! Restez fermes. Vous vous souviendrez sous peu de la douceur (de la pratique cultuelle) et vous serez alors insensibles à l’amertume de la mudjahada. (Al-Fawaïd).

- « Sors pour te rendre à la ferme de la mudjahada, efforce-toi de semer, arrose l’arbre du regret avec l’arrosoir des larmes. Quand le bois de l’arbre redevient vert, reprends ce que tu faisait. » (Badaï al-Fawaïd, 3/742).

- «  Il est dit : l’amour consiste dans une mudjahada sincère dans le sens de l’exécution des ordres d’Allah et l’observance stricte de la Sunna du Messager d’Allah  (bénédiction et salut soient sur lui) » (Tariqal-Hidjratayn, 1/460).

- « Quiconque abandonne totalement la mudjahada éprouvera une faiblesse dans sa motivation religieuse et un regain de force du penchant pour les plaisirs charnels. Si l’on s’habitue à résister à la passion, on finit par la maîtriser ».  (Uddatou Sabirine, 1/46).

Le croyant qui lutte (contre sa passion) réalise que le bien persiste et qu’il finira par triompher, quelles que soient l’intensité des ténèbres, la grandeur du malheur, l’enracinement du mal et sa prédominance qui dépasse les limites. Allah est celui qui nous assiste.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
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