Thu 17 Jm2 1435 - 17 April 2014
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les Cheikhs soufis sont-ils en relation directe avec Allah ?

Quelle est la place du soufisme dans l’Islam ? Quelle est la part de vérité dans les propos de certains qui affirment qu’il y’a des serviteurs d’Allah et des saints qui sont en relation directe avec Allah. Certaines personnes croient à ce phénomène et pensent qu’il en existe des preuves dans les différentes religions et multiples coins du monde.
En quoi consiste la vision de  ceux qui se déclarent être soufis ou disciples de soufis ?
La prière et l’invocation ne sont-elles pas une manière d’entrer en relation avec Allah, qu’il soit loué ?

Louange à Allah 

L’Islam n’a pas connu le nom de soufisme ni à l’époque du Prophète, ni à celle de ses compagnons et moins à l’époque de ceux qui sont venus après les compagnons du Prophète. L’avènement de ce phénomène a coïncidé avec l’apparition d’un groupe d’ascètes qui portaient des habits  en « souf »(laine en arabe), d’où leur surnom de soufi. Certains affirment également que leur nom vient du mot Sophia qui signifie sagesse en grec et non du mot « safâ » qui signifie en arabe la pureté comme certains l’affirment, car l’adjectif dérivé du « Safâ » est « Safâî » et nom « Soufî ».

L’apparition de ce nouveau nom ainsi que la catégorie qui le porte a aggravé les dissensions entre les musulmans. Les premiers soufis sont différents des derniers qui ont fait preuve d’hérésie et  d’actes d’idolâtrie. Le Prophète nous a mis en garde contre leurs actes hérétiques en disant :  «  gardez-vous des pratiques nouvellement inventées, car toute pratique cultuelle inventée est un acte hérétique et que tout acte hérétique est un égarement » (rapporté par at-Tirmîdhî qui a dit que c’est un hadith authentique).

Voici une comparaison entre les pratiques du soufisme et l’Islam fondé sur le Coran et la Sunna :

Le soufisme :

Il regroupe plusieurs confréries telles que le tidjanisme, la qadriya, la nakhchabandiya, la chadhliya, la rifaiya, etc. chacune de ces confrérie prétend détenir la vérité et accuse les autres de s’être égarées. Or, l’Islam interdit la ségrégation. Allah, le Tout-Puissant dit « Revenez repentants vers Lui; craignez- Le, accomplissez la Salâ et ne soyez pas parmi les associateurs, parmi ceux qui ont divisé leur religion et sont devenus des sectes, chaque parti exultant de ce qu' il détenait. » ( Coran, 30 : 31-32)

Les soufis et leurs disciples ont adoré les prophètes et les saints vivants ou morts à la place d’Allah.  Ils disent : ( ô Djaylanî, ô Rifa’î ou ô envoyé d’Allah assistez-nous ; ô envoyé d’Allah vous êtes notre appui). Or, Allah interdit l’invocation d’un tiers pour la réalisation d’une chose que lui seule est capable de réaliser et le considère comme un acte d’association. Il dit « et n' invoque pas, en dehors d' Allah, ce qui ne peut te profiter ni te nuire. Et si tu le fais, tu seras alors du nombre des injustes". » ( Coran , 10 :106)

Ils pensent également qu’il y a des Badal, des Qutb et des Wali (catégories de saints) à qui Allah a confié la marche des chose. Allah fait part de la réponse des idolâtres lorsqu’il leur demande « Dis: "Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre? Qui détient l' ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout?", Ils diront: "Allah". Dis alors: "Ne Le craignez- vous donc pas?" » ( Coran, 10 :31). Les idolâtres arabes connaissent mieux Allah que ces soufis.

 Ils cherchent aussi refuge auprès de quelqu’un d’autre qu’Allah lorsqu’il leur arrive un malheur. Or Allah dit : « Et si Allah fait qu' un mal te touche, nul ne peut l' écarter en dehors de Lui. Et s' Il te veut un bien, nul ne peut repousser Sa grâce. Il en gratifie qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et c' est Lui le Pardonneur, le Miséricordieux.. » ( Coran, 10 :107)

Certains soufis  croient à l’unicité de l’être. Pour eux il n’y a pas de créateur et de créature. Tout est créature et créateur.

Les soufis appellent à une vie frugale, à l’inertie et à l’abandon du djihad. Or Allah, le Très-Haut dit : « Et recherche à travers ce qu' Allah t' a donné, la Demeure dernière. Et n' oublie pas ta part en cette vie. Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. Et ne recherche pas la corruption sur terre. Car Allah n' aime point les corrupteurs". » ( Coran, 28 : 77 ), et « Et préparez (pour lutter) contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d' effrayer l' ennemi d' Allah et le vôtre, et d' autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu' Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d' Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés. » (Coran, 8 :60).

Les soufis attribuent la grade de Ihsan ( adorer Allah comme si on Le voyait) à leurs guides qui demandent aux disciples de les avoir à l’esprit lorsqu’ils invoquent Allah et même au moment de leur prière. Aussi certains d’entre eux mettaient –ils devant eux la photo de leur maître au moment de prier. Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «  Al-Ihsan c’est adorer Allah comme si tu Le voyais, car même si tu ne Le voit pas, Lui Il te voit » . (rapporté par Mouslim).

Les soufis autorisent la danse, les tam-tam, les flûtes et les invocations à haute voix. Or Allah, le Tout-Puissant dit « Ceux qui accomplissent la Salâ et qui dépensent (dans le sentier d' Allah) de ce que Nous leur avons attribué. » (Coran, 8 : 3)

Vous les voyez également prononcer le mot « Allah » en disant : Allah, Allah, Allah tout simplement. Or ceci est un acte hérétique, des paroles inutiles du point de vue de la Charia. Ils en arrivent même à dire : Ah, Ah, Ah ou Houwa, Houwa. Dans l’Islam, si le musulman invoque son Seigneur par des noms adéquats tels que ( soubhana lahi wal hamdou lilahi wa la illaha illa lah wal lahou akbar) Allah l’en récompensera.

Les soufis scandent le nom des femmes et des enfants et chantent l’amour et la passion lors des séances d’invocation, comme s’ils se trouvaient dans des endroits de gaieté où il y a de la danse accompagnée d’applaudissement et de cris et où coule à profusion l’alcool. C’est là, une pure tradition des polythéistes. Allah, le Très-Haut dit : « Et leur prière, auprès de la Maison, n' est que sifflement et battements de mains: "Goûtez donc au châtiment, à cause de votre mécréance!". » (Coran, 8 : 35).

Certains sufis se donnent des coups de coupe-coupe, en criant «  Ô grand-père » et Satan leur vient en aide, car ils ont cherché secours auprès de quelqu’un d’autre qu’Allah . Allah dit : « Tout ce qui vous a été donné (comme bien) n' est que jouissance de la vie présente; mais ce qui est auprès d' Allah est meilleur et plus durable pour ceux qui ont cru et qui placent leur confiance en leur Seigneur, » ( Coran, 42 :36)

Les soufis prétendent être illuminés et détenir la science de l’invisible. Mais le Coran les a démentis ; Allah, le Tout-Puissant dit : « Dis: "Nul de ceux qui sont dans les cieux et sur la terre ne connaît l' Inconnaissable, à part Allah". Et ils ne savent pas quand ils seront ressuscités! » (Coran, 27 :65)

Ils pensent également qu’Allah a crée le monde pour le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), mais le Coran les a démenti ; Allah dit :  « Je n' ai créé les djinns et les hommes que pour qu' ils M' adorent. » (Coran, 51 :56)

Allah s’est également adressé à son prophète en lui disant : « et adore ton Seigneur jusqu'à ce que te vienne la certitude (la mort). » ( Coran, 15 :99).

Les soufis croient à la possibilité de voir Allah ici-bas, mais le Coran les a démentis lorsqu’il dit au nom de Moise : « Et lorsque Moïse vint à Notre rendez-vous et que son Seigneur lui eut parlé, il dit: "ش mon Seigneur, montre Toi à moi pour que je Te voie!" Il dit: "Tu ne Me verras pas; mais regarde le Mont: s' il tient en sa place, alors tu Me verras." Mais lorsque son Seigneur Se manifesta au Mont, Il le pulvérisa, et Moïse s' effondra foudroyé. Lorsqu' il se fut remis, il dit: "Gloire à Toi! Ô Toi je me repens; et je suis le premier des croyants". » ( Coran 7 : 143)

Les soufis pensent qu’ils reçoivent leur savoir directement d’Allah, sans l’intermédiaire du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et en état d’éveil. Sont-ils meilleurs que les compagnons du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ?

Les soufis pensent qu’ils reçoivent leur savoir directement d’Allah, sans l’intermédiaire du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et en état d’éveil. Ils disent également des choses telles que : mon cœur m’a parlé de mon Seigneur.

Ils organisent des cérémonies de prière pour célébrer la naissance du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) au cours des quelles ils élèvent leur voix pour faire des invocations, chanter et scander des poèmes truffés de paroles d’idolâtrie. Qui du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), d’Abu Bakr, d’Omar, d’Outhmane, d’Ali, des quatre fondateurs des écoles juridiques et autres a – il célébré sa naissance ? Qui des Soufis ou de ces gens sont plus savants en matière de pratiques cultuelles ?

Les soufis visitent les tombes pour gagner les bénédictions de ceux qui s’y trouvent, pour tourner au tour ou pour leur faire des sacrifices, en violation des propos du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lorsqu’il dit «  ne rendez visite qu’à trois mosquées, la Mosquée sacrée, ma mosquée et celle d’Al-Aqsâ ». (rapporté par Boukhari et Mouslime.

Ils se montrent fanatiques envers leurs maître, même si c’est en violation des ordres d’Allah et de son Messager (bénédiction et salut soient sur lui). Allah, le Tout-Puissant dit : « Ô vous qui avez cru! Ne devancez pas Allah et Son messager. Et craignez Allah. Allah est Audient et Omniscient. »  ( Coran, 49 : 1)

Les soufis utilisent des figures magiques, des lettres  et des chiffres pour consulter le sort et pour fabriquer des gris-gris, des amulettes etc.

Les soufis ne se limitent pas aux prières et invocations rapportées du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ; Bien au contraire. Ils inventent des prières sur le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) truffés de paroles d’idolâtrie par les quelles ils cherchent à être bénis. Mais celui pour qui ils le font n’en est pas d’accord.

En outre, l’accès des Cheikhs soufis est direct au Satan, mais pas à Allah. Ils s’inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Or Allah dit : « Ainsi, à chaque prophète avons- Nous assigné un ennemi: des diables d' entre les hommes et les djinns, qui s' inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l' auraient pas fait; laisse- les donc avec ce qu' ils inventent. » ( Coran, 6 :112) ; il dit également « Et ne mangez pas de ce sur quoi le nom d' Allah n' a pas été prononcé, car ce serait (assurément) une perversité. Les diables inspirent à leurs alliés de disputer avec vous. Si vous leur obéissez, vous deviendrez certes des associateurs. » (Coran, 6 : 121) et : « Vous apprendrai- Je sur qui les diables descendent? Ils descendent sur tout calomniateur, pécheur.. » (Coran, 26 :121-122).

C’est là le véritable accès qui a lieu, mais pas l’accès à Allah qu’ils croient à tort. Allah s’élève largement au-dessus de tout cela. Voir Mu’jam Al-Bid’, p346-359.

Certains Cheikhs soufis disparaissent parfois des regards de leurs disciples ; mais ceci est le fait du Satan qui les amène peut être à des endroits lointains et les ramène le même jour pour les tromper.

En conséquence, la règle est que nous ne mesurons pas le poids des personnes en rapport aux prodiges qu’ils accomplissent, mais par rapport à leur attachement ou leur éloignement des enseignements du Coran et de la Sunna. Les véritables saints ne sont pas forcément ceux qui accomplissent des prodiges, mais ce sont ceux qui adorent Allah conformément à ses lois et non en faisant recours à l’hérésie, ceux qu’Allah a évoqué dans le hadith qudsî suivant rapporté par Boukhari dans « le Sahih 5/2384 » d’après Abu Hourayrata et où le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit : ( Allah a dit : je déclare la guerre à tous ceux qui se montrent hostiles à un saint et qu’un serviteur ne peut se rapprocher de moi par une voie meilleure que celle que j’ai tracée. Le serviteur ne cesse de m’adorer jusqu’à ce que je l’aime, et lorsque  je fini par l’aimer, je deviens l’oreille par laquelle il entend, l’œil par lequel il voit, le bras par lequel il agit et la jambe par laquelle il marche ; exauce ses prières et l’accueille lorsqu’il cherche refuge auprès de moi ». Allah seul est garant du succès et conduit vers le droit chemin.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
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