Thu 24 Jm2 1435 - 24 April 2014
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L’histoire du fils à égorger

Selon les croyances musulmanes, le Prophète Abraham voulut égorger  son fils Ismaïl. Sur cette question, une discussion m’a opposé à un mécréant et il a dit que cette affaire n’est pas mentionnée dans le Coran. Après des recherches, il me semble que le Coran contient une certaine ambiguïté à propos de l’identité du fils qu’Abraham voulait égorger (selon la traduction que je possède : sourate 37).
J’espère un éclairage soutenu par des arguments concernant la position des Musulmans vis-à-vis d’Abraham et du sacrifice....

Louange à Allah

Le Très Haut a dit à propos de son fidèle serviteur et ami Abraham (psl) : «Et il dit: "Moi, je pars vers mon Seigneur et Il me guidera. Seigneur, fais- moi don d' une (progéniture) d' entre les vertueux". Nous lui fîmes donc la bonne annonce d' un garçon (Ismaël) longanime. Puis quand celui-ci fut en âge de l' accompagner, (Abraham) dit: "O mon fils, je me vois en songe en train de t' immoler. Vois donc ce que tu en penses". (Ismaël) dit: " O mon cher père, fais ce qui t' es commandé: tu me trouveras, s' il plaît à Allah, du nombre des endurants". Puis quand tous deux se furent soumis (à l' ordre d' Allah) et qu' il l' eut jeté sur le front, voilà que Nous l' appelâmes "Abraham! Tu as confirmé la vision. C' est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants". C' était là certes, l' épreuve manifeste. Et Nous le rançonnâmes d' une immolation généreuse. Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité: "Paix sur Abraham". Ainsi récompensons- Nous les bienfaisants; car il était de Nos serviteurs croyants. Nous lui fîmes la bonne annonce d' Isaac comme prophète d' entre les gens vertueux. Et Nous le bénîmes ainsi que Isaac. Parmi leurs descendances il y a (l' homme) de bien et celui qui est manifestement injuste envers lui-même.» (Coran, 37 : 99-113).

Ibn Kathir (Puisse Allah le Très Haut lui accorder Sa miséricorde) dit : «  Le Très Haut a mentionné que quand Abraham avait quitté son pays, il a demandé à Allah de lui donner un enfant pieux et Allah le Très Haut lui apporta la bonne nouvelle ayant trait à la naissance d’un enfant clément. C’était Ismaïl (psl) puisqu’il était le premier enfant né d’Abraham (psl). Ceci ne fait l’objet d’aucune divergence au sein des adeptes des religions : tous admettent qu’Ismaïl était son fils aîné.

Les propos : «  quand il eut sous sa tutelle l’âge de s’occuper ... » c’est-à-dire : il a grandi et s’est mis à s’occuper de ses intérêts comme son père. Pour Moudjahid, cela signifie : il a grandi et est parti de chez son frère parce que capable d’assumer les mêmes occupations que son père. C’est alors qu’Abraham vit en rêve qu’on lui eût donné l’ordre d’égorger son enfant que voilà. À ce propos, un hadith rapporte cette parole qu’Ibn Abbas attribue au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)  implicitement : «  le rêve des prophètes est une révélation ».

C’était un test auquel Allah le Puissant et Majestueux avait voulu soumettre Son ami en lui donnant l’ordre d’égorger son cher fils qu’il avait eu à un âge très avancé et après avoir reçu l’ordre de s’installer avec son épouse dans un pays désertique, une vallée où il n’y avait ni être humain, ni pâturage ni bétail... Il s’était soumis à l’ordre d’Allah en cela et avait laissé sur place sa femme et son enfant par confiance en Allah. Allah leur a donné soulagement et issue heureuse et leur a fourni une subsistance à partir de sources auxquelles ils ne s’attendaient pas. Après tout cela, il avait reçu l’ordre d’égorger son fils aîné et unique et il avait accepté l’ordre et en avait informé son fils pour qu’il fût plus rassuré et trouvé la chose plus supportable que s’il s’était emparé de lui violemment et l’avait égorgé de la même manière. À ce propos Abraham a dit : «Ô mon fils, je me vois en songe en train de t' immoler» (Coran, 37 :102 ) et l’enfant clément s’était empressé à dire : « Ô mon cher père, fais ce qui t' es commandé: tu me trouveras, s' il plaît à Allah, du nombre des endurants » (Coran, 37 :104 ). Cette réponse très correcte, traduit la double obéissance au père et au Maître des serviteurs. Et puis le Très Haut dit : «Abraham! Tu as confirmé la vision. C' est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» (Coran, 37 :105 ). Le terme « aslama » signifie, dit-on, ils se sont soumis à l’ordre d’Allah et se sont résolu à l’exécuter. L’expression « tallahou lil djabin » signifie ; il l’a couché sur son ventre le visage contre la terre. Il avait agi ainsi pour éviter de regarder son visage au moment de l’égorger. C’est ce que Mudjahid, Ibn Abbas, Said ibn Djoubayr, Quatada et Dhahhak ont dit. Le terme « aslama » signifie encore : Abraham a prononcé le nom d’Allah et a dit Allahou Akbar, et l’enfant a prononcé la profession de foi en guise de préparer sa mort.

Souddi et d’autres ont dit qu’Abraham avait frotté le couteau contre la gorge de l’enfant mais il n’avait rien coupé. L’on dit qu’une lame de cuivre avait été intercalée entre le couteau et la gorge. Allah le sait mieux. C’est à ce moment qu’un appel retentit de la part d’Allah, le Puissant et Majestueux : «Abraham! Tu as confirmé la vision. C' est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» (Coran, 37 :105 ). C’est-à-dire l’objectif du test auquel vous avez été soumis est atteint puisque vous avez obéi rapidement et exécuté l’ordre de votre Maître et avez offert votre fils comme sacrifice comme vous aviez auparavant accepté de vous jeter dans le feu et donner de l’hospitalité aux hôtes. C’est pourquoi le Très Haut dit : « Certes, voilà l’épreuve très claire), c’est-à-dire : c’est un test évident et éclatant. La parole d’Allah : «Nous l’avons racheté par un gros sacrifice » c’est-à-dire nous avons substitué au sacrifice de son fils la compensation qui a été facilité par Allah le Très Haut. Pour la majorité (des ulémas), il s’est agi d’un bélier blanc  aux gros yeux. Ath-Thawri dit d’après Abd Allah ibn Outhmane ibn Khaytham d’après Said ibn Djoubayr d’après Ibn Abbas qu’il a dit : le bélier s’était nourri dans les pâturages du paradis pendant 40 automnes.

Il a été rapporté d’après Ibn Abbas que la tête du bélier qui était resté accrochée au goutier de la Kaaba avait fini par se dessécher. Ceci suffit pour prouver que le fils à égorger était Ismaïl puisque c’est lui qui avait résidé à La Mecque car, à notre connaissance, Isaac ne s’y était pas rendu pendant son enfance. Allah le sait mieux. Voir al-Bidaya wa an-Nihaya d’Ibn Kathir, 1/157-158.

Le fils à égorger était Ismaïl et pas Isaac pour les arguments déjà cités. Ibn Kathir a cité en guise de commentaire de ces versets plusieurs aspects qui prouvent que le fils à égorger était Ismaïl. En voici le résumé :

1/ Ismaïl fut le premier fils qu’Abraham eut l’heureuse nouvelle de recevoir et il est unanimement considéré par les Musulmans et les gens du Livre comme plus âgé qu’Isaac. En plus, il a été mentionné chez les gens du livre qu’Allah le Très Haut lui avait donné l’ordre d’égorger son fils unique ou son fils cadet selon une version.

2/ Le fils aîné est plus cher à son père que les enfants nés après lui. C’est pourquoi le fait de donner l’ordre de l’égorger constitue le test le plus dur.

3/ Le Coran a cité la bonne nouvelle relative à la naissance d’un garçon clément et a cité que c’est lui qui a été désigné pour être égorgé. Plus loin, le Coran dit : «  Nous lui apportâmes la bonne nouvelle (concernant la naissance) d’Isaac, un prophète issu des pieux. Quand les anges apportèrent à Abraham la bonne nouvelle de la naissance d’Isaac, ils dirent : «Nous vous avons certes apporté la bonne nouvelle relative à la naissance d’un garçon savant ».

4/ Allah le Très Haut dit : «  nous lui apportâmes la bonne nouvelle de la naissance d’Isaac et après lui vint Jacob ». C’est-à-dire que Isaac aurait du vivant de son père un fils du nom de Jacob et que sa descendance proviendra de lui... Il n’est donc pas permis, compte tenu de ceci, de lui donner l’ordre d’égorger Isaac pendant son enfance car Allah le Très Haut avait promis qu’il aurait une descendance et une progéniture.

5/ Ismaïl a été qualifié de « clément » parce que c’est cet épithète qui est approprié au contexte. Voir le Tafsir d’Ibn Kathir, 4/15. Allah le sait mieux. 

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
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