6622: Le sens de la ubudiyya ( la servitude) en Islam


J’espère obtenir un éclaircissement du sens que l’Islam donne à la servitude (vis-à-vis d’Allah et vis-à-vis des humains).

Louange à Allah

La servitude du musulman à l’égard d’Allah est celle qui fait l’objet de l’ordre d’Allah exprimé dans Son livre, celle pour laquelle Il a envoyé Ses messagers comme Il le dit en ces termes : « Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, (pour leur dire): "Adorez Allah et écartez- vous du Tâghoût". Alors Allah en guida certains, mais il y en eut qui ont été destinés à l' égarement. Parcourez donc la terre, et regardez quelle fut la fin de ceux qui traitaient (Nos messagers) de menteurs. » (Coran, 16 : 36).

Linguistiquement, le terme ubudiyya dérive de t’aabid (aplanissement). L’on dit : abbad tu at-lariqa : j’ai aplani le chemin et l’ai rendu praticable. La servitude du fidèle par rapport à Allah peut revêtir une signification générale et une signification particulière. Quand on entend par Abd le soumis et asservi, il possède un sens général qui s’applique à toutes les créatures de tous les mondes céleste et terrestre, à tous les êtres intelligents ou non, frais ou secs, animés et inanimés, croyants et mécréants, droits et dévoyés. Tout est une créature d’Allah le Puissant et Majestueux soumise par Lui et gérée par Lui. Chaque créature a une limite qu’elle ne dépasse pas.

Si par Abd (serviteur) on entend celui qui obéit aux ordres d’Allah, le terme s’applique alors exclusivement aux croyants et ne s’applique plus aux infidèles, car seuls les croyants sont les vrais serviteurs d’Allah qui L’ont esseulé dans Sa souveraineté, dans Sa divinité, dans Ses noms et attributs et ne Lui ont rien associé. A ce propos, le Très Haut dit dans l’histoire d’Iblis : « - Il dit: "ô mon Seigneur, parce que Tu m' as induit en erreur, eh bien je leur enjoliverai la vie sur terre et les égarerai tous, à l' exception, parmi eux, de Tes serviteurs élus." - "(Allah) dit: voici une voie droite (qui mène) vers Moi. Sur Mes serviteurs tu n' auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés. » (Coran, 15 : 39-42).

S’agissant de l’expression de la servitude qui fait l’objet de Son ordre, elle englobe tout ce qui est aimé et agréé par Allah en fait de paroles et d’actes cachés et manifestes. Elle implique encore le désaveu de tout ce qui est contraire à cela. Cette définition intègre les deux attestations, la prière, le pèlerinage, le jeûne, le combat dans le chemin d’Allah, le commandement du bien, l’interdiction du mal et la croyance  en Allah, en Ses anges et au jour dernier. Cette adoration est fondée sur la sincérité. Celle-ci consiste à avoir pour seuls objectifs de complaire à Allah, le Puissant et Majestueux et d’obtenir [le bonheur dans] la vie dernière. A ce propos le Très Haut dit : « alors qu' en sera écarté le pieux, qui donne ses biens pour se purifieret auprès de qui personne ne profite d' un bienfait intéressé, mais seulement pour la recherche de La Face de son Seigneur le Très Haut. Et certes, il sera bientôt satisfait! » (Coran, 92 : 17-21).

La sincérité et la véracité sont absolument nécessaires. Elles consistent dans le maximum d’efforts fournis par le croyant pour se conformer aux ordres d’Allah, pour s’abstenir de Ses interdits, pour se préparer à rencontrer Allah le Très Haut, pour rompre avec l’impuissance et la paresse et pour mettre son âme charnelle à l’abri de la passion. C’est le sens des propos du Très Haut : « ô vous qui croyez! Craignez Allah et soyez avec les véridiques. » (Coran, 9 : 119).

Il faut aussi suivre le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) en adorant Allah le Très Haut conformément à la loi du Puissant et Majestueux et non selon la passion et l’initiative du créé. Voilà ce que l’on entend par le fait de suivre le Prophète/Messager, Muhammad (bénédiction et salut soient sur lui) l’envoyé d’Allah. Aussi la sincérité, la véracité et la fidélité au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) sont-elles absolument nécessaires.

Quand on sait ces choses-là, on se rend compte clairement que tout ce qui est contraire à ces définitions relève de la servitude à l’égard des hommes. L’hypocrisie, le polythéisme, l’abandon des ordres divins, le fait de provoquer la colère du Maître pour plaire aux humains sont des formes de servitude à l’égard des humains. Quiconque préfère se laisser guider par ses passions au lieu d’obéir à son Maître, s’est écarté de la voie droite. C’est dans ce sens que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Malheur à l’esclave du dinar ! Malheur à l’esclave du dirham ! Malheur à l’esclave des beaux tissus ! Malheur à l’esclave des terres fertiles ! C’est celui qui est content quand on lui en donne et devient mécontent quand on l’en prive. Puisse-t-il ne jamais pouvoir l’extraire quand une épine s’enfonce dans son pied ! ».

La servitude à l’égard d’Allah  englobe et comprend l’amour, la crainte et l’espérance. Le serviteur aime son Maître, craint Son châtiment et espère Sa miséricorde et Sa récompense. Voilà les trois piliers de la servitude.

La servitude à l’égard d’Allah est un honneur et n’implique aucune bassesse. C’est dans ce sens que le poète dit :

Je me sens si honoré et si fier

Que j’ai presque foulé au pied la pléiade !

Du fait de me savoir concerner par la parole : ô mes serviteurs

Et du fait que Tu ais désigné Ahmad comme Prophète pour moi

Nous demandons à Allah de nous inscrire dans le groupe de Ses serviteurs pieux. Puisse Allah bénir notre prophète Muhammad.

Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
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