Piété filiale

Piété filiale

Son mari empêche leurs enfants à rendre visite à leurs grands parents mécréants.. Il veut rester utile à son défunt père. Devrais-je obéir mes père et mère en abandonnant la compagnie des bons?. Est il permis à la mère d'empêcher son enfant de jeûner en raison de son besoin de la nourriture?. Doit-il obéir à ses père et mère ou se conformer à la Sunna ?. La préférence entre la mère et l’épouse. Se raser la barbe par obéissance aux parents. omment traiter avec une mère dissolue ? . Son père lui demande de lui acheter des cigarettes. Un homme de cœur irrespectueux à l’égard de ses père et mère !. Les droits de ma mère sur moi, mes droits sur elle et les limites de mon indépendance par rapport à elle. . Serait-on ingrat à l’égard de ses parents si on les quittait pour aller chercher un gagne pain?. Le bon traitement pour un père qui récuse le hadith.

Son mari empêche leurs enfants à rendre visite à leurs grands parents mécréants.
J’ai interrogé son éminence notre maître Cheikh Muhammad Ibn Sahih al-Outhaymine à propos d’une femme qui affirme que ses parents sont des mécréants et que son mari empêche ses enfants de leur rendre visite. Est-ce qu’il  en a le droit ? Voici sa réponse (Puisse Allah lui accorder sa miséricorde).

Louange à Allah

Il n’en a pas le droit, mais il faut le ménager tout en lui disant de ne pas interdire aux enfants de rendre visite à leurs grands parents si cela ne comporte aucun préjudice pour eux. D’ailleurs, il peut les accompagner pour prévenir tout éventuel danger.

Cheikh Muhammad ibn Sahih al-Outhaymine.


Il veut rester utile à son défunt père
  J'ai dépensé de l'argent à la place de mon défunt père. Je veut lui rester utile après sa mort. Y a ti-il d'autres choses que je pourrais faire pour lui en plus de la distribution de nourritures en Ramadan?

    Louanges à Allah

    Faire une aumône au profit d'un défunt lui profite puisque la récompense de l'acte lui parvient selon l'avis unanime des Musulmans. D'après Abou Hourayra, un homme dit au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):

    - « Mon  défunt père légua des biens sans avoir fait de testament. Puisse-je faire une aumône  en guise d'expiation pour lui?»

    -« Oui», dit le Prophète. (Rapporté par Mouslim (1630)

    An-Nawawi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a dit : «Ce hadith permet de faire une aumône au profit d'un défunt. Mieux , il le recommande et indique que sa récompense parvient au défunt et lui profite comme elle profite à l'auteur de l'aumône. Tout cela fait l'objet d'un consensus chez les Musulmans.»

    L'offre de nourritures relève des actes de bienfaisance recommandés fortement par le Prophète (Bénédiction et salut e sur lui). Ceci s'applique en particulier au repas de rupture du jeûne. De même, la prière invocatoire fait partie des meilleures choses qui puissent vous permettre de rester utile à votre père et lui faire du bien. En effet, le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: «Les actions de l'humain cessent avec sa morts, sauf en trois cas: l'existence d'une aumône à utilité prenne, la disponibilité d'un savoir utile et la présence d'un enfant pieux qui prie pour lui.» (Rapporté par Mouslim,1631)

    Aussi, devrais-tu multiplier les invocations pour lui au cours de tes prières en dehors d'elles, dans l'espoir qu'Allah lui pardonnera, l'admettra au paradis et le mettra à l'abri de l'enfer.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A


Devrais-je obéir mes père et mère en abandonnant la compagnie des bons?
 Si mes père et mère me donnent l'ordre de rompre mes relations avec de bons compagnons et collègues, de ne pas voyager avec eux pour accomplir une oumra, en dépit du fait que je suis sur la voie du retour à l'engagement (religieux)..Faut il leur obéir dans ce cas?

    Louanges à Allah

    Vous n'avez pas à leur obéir dans la désobéissance envers Allah et dans ce qui vous porte préjudice, compte tenu de la parole du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui): «L'obéissance ne se fait que dans le bien» et compte tenu encore de sa parole: «On n'obéit  pas à une créature dans la désobéissance au Créateur.» Si quelqu'un vous interdit d'accompagner les bons, ne lui obéis pas. Peu importe qu'il s'agisse des père et mère ou d'autres. N'obéissez pas à celui qui vous recommande la compagnie des mauvais. Continuez toutefois à bien parler à vos père et mère, à les bien traiter en leur disant , par exemple: «papa X!, maman X! Ces gens-là sont bons. Je tire profit de leur compagnie. Ils me sont utiles. Mon cœur s'adoucit chez eux. Je m'instruis auprès d'eux…» Il faut leur tenir un langage courtois, loin de la virulence et de la violence. S'ils persistent à vous les interdire, ne leur dites pas que vous allez tout même les accompagner et garder leur contact. Ne leur dites pas que vous sortez avec eux si cela ne leur plaît pas. Mais ne leur obéissez  que dans l'obéissance (à Allah) et le bien.

    S'ils vous donnent l'ordre d'accompagner des mauvais ou de fumer ou de boire du vin ou de vous livrer à la fornication ou à d'autres actes de désobéissance, ne leur obéissez pas et n'obéissez à personne d'autres dans ce sens, compte tenu des deux hadith que nous venons de citer. Allah est le garant de l'assistance.

Voir Madjmou' fatawa wa maqualat de Cheikh Ibn Baz,6/126. 


Est il permis à la mère d'empêcher son enfant de jeûner en raison de son besoin de la nourriture?
 La mère a-t-elle le droit d'interdire le jeûne surérogatoire à sa fille sous prétexte qu'elle a besoin de se nourrir? Est il permis à la fille dans ce cas de se jeûner en dépit de l'avis de sa mère?

    Louanges à Allah

    Il est permis aux père et mère  d'interdire à leur enfant, fils ou fille, une pratique cultuelle surérogatoire, qu'il s'agisse du pèlerinage, du jeûne , de la participation à la guerre sainte ou d'autres actions. Ceci leur revient surtout s'ils pensent que la pratique est de nature à nuire à l'enfant ou s'ils ont un besoin que seul le maintien de l'enfant à leurs côtés permet de satisfaire. Quant aux pratiques obligatoires, ils n'ont pas le droit de les en empêcher. Quand un enfant s'abstient d'une pratique surérogatoire conformément à un avis parental, il sera récompensé par Allah.

Cheikh Abdoul Karim al-Khoudayr


Doit-il obéir à ses père et mère ou se conformer à la Sunna ?
La Sunna du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) est très importante. L’exemple que j’entend souvent est que les prescriptions obligatoires sont comme les murs de la maison et les pratiques dites Sunna comme les meubles. Cela étant, ma question est la suivante : si une personne est confrontée à une opposition de la part de ses père et mère en raison de son choix de s’habiller de manière conforme à la Sunna ou de manger ou de dormir selon les enseignements de la Sunna etc., peut-elle abandonner ces enseignements pour satisfaire ses père et mère ?

Louange à Allah

Il doit s’efforcer de convaincre ses parents et leur expliquer les enseignements de la Sunna relatif à la manière de s’habiller, de manger et de dormir etc. Si l’un d’eux ou tous les deux persistent dans leur attitude, il peut leur obéir en ce qui concerne la manière de s’habiller, de manger et de dormir, à condition de ne pas se heurter à un texte clair. C’est parce que, en matière d’habillement, tout est en principe licite. A cet égard la coutume sert de référence puisqu’il s’agit de  choses naturelles que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) faisait avant et après l’avènement de l’Islam.

Il n’y a donc aucun mal à ce que le musulman porte sa tenue nationale et mange comme ses compatriotes, si ses père et mère lui donnent un ordre dans ce sens , pourvu de ne pas violer un texte clair.

Cheikh Ibn Djibrine.

S’ils lui donnent un ordre qui implique la violation des enseignements de la Charia en matière vestimentaire, en lui demandant par exemple de porter de long vêtements qui dépassent les chevilles et s’ils lui donnent l’ordre d’utiliser la main gauche pour manger, il doit refuser de leur obéir tout en restant doux à leur égard.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A


La préférence entre la mère et l’épouse
Qui est prioritaire pour le musulman : la mère ou l’épouse ?

Louange à Allah

Chez le musulman, la priorité revient à la mère, compte tenu de ce qui a été rapporté dans ce hadith selon lequel un homme dit au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « Qui parmi les gens mérite mieux mon bon traitement ? »

- « C’est votre mère »

- « Puis qui ? »

 -« Votre mère » 

-  »Puis qui? »

- « Votre mère » etc. (rapporté par Boukhari, 5514 et Mouslim, 4621). Cependant, l’épouse est prioritaire en ce qui concerne la dépense. Si l’homme ne peut pas assurer la dépense vitale pour sa mère et son épouse à la  fois en raison de sa pauvreté, l’épouse jouit de la priorité.

Le musulman doit donner à chacun son droit et secourir l’opprimé. Si sa mère commettait une injustice à l’égard de son épouse, il doit s’efforcer d’écarter l’injustice de belle manière. Allah le Très Haut le sait mieux.

Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid


Se raser la barbe par obéissance aux parents
Je suis un jeune musulman et je veux laisser pousser ma barbe. Mais mon père s’y oppose farouchement. Dois-je obéir à mon père ou laisser pousser la barbe ?

Louange à Allah

le rasage de la barbe est interdit. Il n’est pas permis de le faire pour obéir à un père ou un chef, car l’obéissance doit s’inscrire dans un cadre légal. A ce propos, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : «  Pas d’obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur. »

Avis de la Commission permanente, 5/146.


omment traiter avec une mère dissolue ?
Ma question concerne un jeune musulman. Il s’agit d’un jeune - maa shaa Alalh ! - sérieux, sincère, bien instruit et attaché aux enseignements de l’Islam et à la Sunna du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui). Et il fait de son mieux pour se conformer à la foi authentique. Il vit seul avec sa mère, celle-ci est une divorcée qui ne pratique pas l’Islam du tout et qui s’adonne souvent à des actes non conformes à l’Islam. Je suis en contact avec le jeune en question et sa mère. Les deux entretiennent des relations empreintes de cordialité  et d’affection réciproque. Pourtant, je vois parfois le jeune gêné par les agissements de sa mère qui le met dans une position délicate, et je ne peux pas lui donner un conseil de façon correcte. Voici quelques exemples. Il arrive que la mère quitte la maison pour un bref laps de temps. Dans ce cas, le fils éprouve la honte, mais cela ne l’empêche pas de l’accompagner de peur que quelqu’un ne prenne l’initiative de lui adresser la parole -. La mère fait beaucoup de connaissances au sein des hommes à l’occidentale. Elle répond très souvent à des invitations au dîner, se met souvent devant une table remplie de vin. Ses compagnons et amies en consomment, mais elle-même ne boit pas du tout. Il y a de très nombreuses pratiques auxquelles se livrent les amis de la mères comme les innovations (bid’a). Le fils tente toujours de rappeler sa mère à l’ordre et de lui expliquer les choses. Mais elle l’accuse toujours de fanatisme et d’exagération ou d’être un homme de l’âge de la pierre. J’espère qu’un conseil sera prodigué à mon ami qui n’a pas d’autre compagnon que moi. Il se sent permissif et voudrait savoir si le fait pour lui de rester avec sa mère, qui persiste à maintenir une telle conduite, peut être considéré comme une attitude correcte... Il craint que des étrangers ne la harcèlent à cause du fait qu’elle porte des tenues courtes et non islamiques.
Il ne m’a pas informé de ces choses-là et n’a pas divulgué les secrets de la  famille, mais les choses sont devenues claires pour moi et pour son entourage. J’espère recevoir de l’aide. Puisse Allah le Très Haut vous réserver la meilleure récompense.

Louange à Allah

Nul doute que l’affaire est douloureuse et émouvante, puisqu’il s’agit en particulier d’un homme atteint dans sa foi à travers l’une des personnes qui lui sont les plus proches. Ce qui est un préjudice réel. Mais Allah nous suffit. Quel excellent protecteur Il est ! Nous Lui appartenons et c’est vers Lui que nous retournerons !

Que ce frère sache que la piété filiale fait partie des plus grandes obligations que les humains doivent acquitter envers leurs semblables conformément aux propos du Très Haut : « Et si tous deux te forcent à M' associer ce dont tu n' as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable.» (Coran, 31 : 15). L’ordre est ainsi donné de tenir bonne compagnie à des parents polythéistes qui s’efforcent d’entraîner leurs fils vers le polythéisme. Malgré cela, il a été donné au fils l’ordre de leur tenir bonne compagnie ici-bas. S’il en est ainsi, votre devoir à l’égard de votre mère est de lui conseiller de cesser ces actes de désobéissance et de lui expliquer les péchés qu’ils impliquent et la punition qu’ils peuvent entraîner. Si elle  répond favorablement, Allah soit loué. Autrement, prenez vos distances par rapport à elle de façon courtoise. Ne la  fréquentez plus d’une manière qui puisse porter atteinte à votre religion. Ne lui faites pas de tort. Tenez lui bonne compagnie. Continuez à lui donner des conseils de temps à autre. Le fait de vous tenir à l’écart ne vous nuira pas puisque vous ne l’avez fait que par jalousie (inspirée par la violation des prescriptions divines) et pour réprouver le mal. Voir la réponse de Cheikh Muhammad ibn Outhaymine dans Fatawa islamiyya, 4/196 et la Commission Permanente dans fatawa islamiyya, 4/204 et Cheikh Abd Allah Ibn Djabrine dans Fatawa al-mar’a al-muslima, 2/957.

S’agissant de votre cohabitation avec elle, l’on peut dire en somme que si la cohabitation lui apporte un surplus dans sa religion, dans ses croyances, dans son acquittement de ses devoirs, dans son abandon des interdits ou dans son atténuation de leur pratique du fait de sa conscience d’être surveillée (par exemple) ou dans l’éloignement des mauvaises gens, et si cette cohabitation ne vous porte pas de préjudice, alors restez à ses côtés dans l’espoir que vos actes, qui s’inscrivent dans le cadre que voilà et votre patience, vous vaudront la récompense divine. Si vous êtes déjà las d’avoir tenté et n’avez réalisé aucun progrès dans un domaine quelconque en rapport avec ce qui précède et que la cohabitation porte préjudice à votre foi ou votre réputation, il n’y a aucun inconvénient à ce que vous vous éloigniez d’elle tout en continuant à vous enquérir de ses affaires, à veiller à satisfaire ses besoins et à lui donner des conseils de temps à autre.

Nous demandons à Allah de vous inspirer la patience et de récompenser vos efforts. Il est le meilleur allié et le meilleur soutien.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid


Son père lui demande de lui acheter des cigarettes
Question : M’est-il permis d’acheter des cigarettes pour quelqu’un ?Si la réponse est négative, s’applique-t-elle même à mon père ?Puisse Allah vous récompenser par le bien.

Louange à Allah

          Il ne vous est pas permis d’acheter pour votre père une chose dont l’usage est interdit, qu’il s’agisse de cigarettes, d’opium, de hashish, de vin ou d’autres choses compte tenu des propos rapportés de façon sûre du Prophète bénédiction et salut soient sur lui) : « Point d’obéissance à une créature dans l’désobéissance au Créateur » et des propos (prophétiques) : « il n’y a obéissance que dans le bien. ».Vous devez lui donner bon conseil et vous excusez auprès de lui de belle manière de ne pouvoir les lui acheter.

Extrait des avis de la commission permanente, tome 13/64


Un homme de cœur irrespectueux à l’égard de ses père et mère !
Si un musulman observe la prière et fait beaucoup de bonnes choses et est doté d’un cœur propre mais ne respecte pas ses parents ou ne s’intéresse pas à eux, commet il une erreur ? Sera-t-il puni pour cela ?

Louange à Allah

Oui, cela constitue une erreur et son auteur sera puni, car le Très Haut dit : «Et ton Seigneur a décrété: "N' adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l' un d' eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: "Fi!" et ne les brusque pas, mais adresse- leur des paroles respectueuses.  » (Coran, 17 :23 ).

Cheikh Saad al-Houmayd.

Toute atteinte aux père et mère par l’acte ou la parole de la part d’un enfant est une nuisance filiale qui constitue un péché parce que contraire à l’ordre d’Allah et  Ses interdits notamment son exhortation à bien traiter les père et mère par l’acte et la parole. A ce propos, le Très Haut dit : « Et ton Seigneur a décrété: "N' adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l' un d' eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: "Fi!" et ne les brusque pas, mais adresse- leur des paroles respectueuses. » (Coran, 17 : 23). Il a également interdit de leur faire du mal par l’acte ou la parole. A ce propos, le Très Haut dit : « ne leur dis point: "Fi!"» (Coran, 17 :23 ). Si l’enfant se repentit à Allah et demande pardon à ses parents afin d’échapper à la punition.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid


Les droits de ma mère sur moi, mes droits sur elle et les limites de mon indépendance par rapport à elle.
J’ai quelques questions concernant les père et mère :
1. Quels sont les droits de ma mère sur moi ?
2. Quels sont mes droits sur ma mère ?
3. Quelles sont les choses (licites bien sûr) que je pourrais faire sans que ma  mère puisse s’y opposer ?
4. Quand le père a -t-il le droit de prendre la décision finale ?
J’aime ma mère très bien et elle cherche à me protéger au point de me donner parfois le sentiment que je suis fortement attaché. Je sais qu’elle fait tout cela par excès d’amour pour moi. Comment pourrais-je lui faire savoir que je voudrais jouir d’une certaine liberté dans mes choix dans la vie ?

Louange à Allah

Premièrement, les droits de la mère sur son enfant.

La mère a par rapport à son enfant des droits importants et si nombreux qu’on ne saurait les recenser. Mais nous en citerons les suivants :

a) Lui vouer un amour et un respect aussi profonds que possibles car de tous les gens c’est elle qui mérite le meilleur traitement.

D’après Abou Hourayra Abou Hourayra (P.A.a), un homme se présenta au Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) et lui dit :

- Qui parmi les gens mérite mieux mon bon traitement ?

- « Votre mère. »

- « Puis qui ? »

- « Votre mère. »

-  « Puis qui ? »

- « Votre mère. »

- « Puis qui ? »

- « Votre père. »  (rapporté par Boukhari, 4/13 et Mouslim, 2548).). C’est en effet, elle qui a fait de son ventre un abri pour vous et de ses seins un abreuvoir pour vous. Son amour vous est inévitablement imposé parce que naturel. Mieux, l’amour des enfants pour leur mère et l’amour des mères pour leurs enfants fait partie de la nature dont Allah a doté les animaux. Les humains devraient s’y conformer mieux et plus particulièrement les musulmans.

b) La protection et la tenue de ses affaires quand il a un besoin. Bien plus, ceci est une dette de l’enfant vis-à-vis de sa mère. Ne l’a -t- elle pas protégée tout petit, veillé sur lui et est demeurée patiente dans la nuisance qu’il lui causait. A ce propos, le Très Haut dit : « Et Nous avons enjoint à l' homme de la bonté envers ses père et mère: sa mère l' a péniblement porté et en a péniblement accouché; et sa gestation et sevrage durent trente mois; puis quand il atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il dit: "ش Seigneur! Inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m' as comblé ainsi qu' à mes père et mère, et pour que je fasse une bonne œuvre que Tu agrées. Et fais que ma postérité soit de moralité saine. Je me repens à Toi et je suis du nombre des Soumis". » (Coran, 46:15). Les services rendus à la mère l’emportent même sur le djihad, quand les deux ne peuvent pas être conciliés.

D’après Abd Allah ibn Amr ibn al-As (Puisse Allah l’agréer) un homme se présenta au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et sollicite son autorisation de participer au djihad ,et le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lui dit : « Vos parents sont-ils vivants ? » - « Oui » répondit-il. - « Inscrivez votre djihad dans leur service » (rapporté par Boukhari, 2842 et Mouslim, 2549).

c) Ne pas la nuire en lui faisant entendre ou voir des propos ou actes qu’elle déteste. A ce propos, le Très Haut dit : « Ne leurs dites pas : fi » (Coran, 17 :23). Si Allah interdit de dire : « fi » aux père et mère, que dire de celui qui les frappe ?

d) Dépenser sur elle si elle est pauvre et n’a pas un mari qui assure sa dépensé ou si le mari est déficitaire. En fait, pour les pieux, assurer la dépense pour la mère est préférable à la dépense faite au profit des enfants.

D’après Ibn Omar (P.A.a), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Trois personnes étaient en marche, quand la pluie se mit subitement à tomber et ils entrèrent dans une grotte au sein d’une montagne. Puis un rocher s’abattit sur la grotte et ils se dirent : que chacun de nous prie Allah en évoquant la meilleure action qu’il ait accomplie. L’un d’eux dit : «  Mon Seigneur, j’avais des parents vieux et je sortais pour faire paître le troupeau puis revenais chercher du lait pour en amener à mes père et mère qui en buvaient. Puis j’en offrais à mes enfants, à ma femme et aux autres membres de la famille. Au cours d’une nuit, j’eus un empêchement et, à mon arrivée, ils s’étaient déjà endormis et je ne voulus pas les réveiller. Au même moment, les enfants criaient de faim à mes pieds. Mais je restai au chevet de mes parents jusqu’à l’entrée de l’aube. Mon Seigneur, si vous savez que j’ai fait cela pour Te complaire, écarte le rocher un peu pour que nous puissions voir le ciel. » En ce moment, dit le rapporteur, Allah les soulagea.. » (rapporté par Boukhari, 2102 et Mouslim, 2743).

Le terme : « Yatadaghouna » signifie crier à haute voix.

e) Son obéissance et l’exécution de ses bons ordres. Si elle émet un ordre comme celui portant sur la pratique du polythéisme, point d’obéissance pour une créature dans la désobéissance au créateur. A ce propos, le Très Haut a dit : « Et si tous deux te forcent à M' associer ce dont tu n' as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez ". » (Coran, 31 : 15) ;

f) Après sa mort, il est recommandé de faire à sa place les actes expiatoires, les aumônes, les pèlerinages mineur et majeur qu’elle avait à effectuer. D’après Ibn Abbas (P.A.a), une femme issue de la tribu Djouhayna se présenta au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et dit : «  Ma mère avait formé le vœu d’accomplir le pèlerinage, mais elle est morte avant de le faire. Devrais-je le faire à sa place ? » - « Oui, faites-le à sa place. Ne voyez pas que si votre mère avait contracté une dette, vous la régleriez ? - Réglez ce qui est dû à Allah car Celui-ci mérite plus que tout autre qu’on lui paie Son dû ». (Rapporté par Boukhari, 1754).

g) De même, après sa mort, il est recommandé de lui faire du bien en le faisant avec respect à ses proches et amies. D’après Abd Allah ibn Omar, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « La meilleure forme de bienfaisance consiste à bien traiter les amies de son père après la disparition de celui-ci  » (rapporté par Mouslim, 2552).

Deuxièmement, vos droits sur votre mère

a) Veiller sur les affaires de ses enfants en les allaitant et en les gardant. Cette attitude est naturelle chez les gens et s’atteste dans leur pratique depuis le début de la création.

A ce propos, le Très Haut a dit : « Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets » (Coran, 2 : 233).

b) Vous assurer une bonne éducation, car elle en est responsable devant Allah au jour de la Résurrection parce que vous faites partie de ses protégés et elle est votre protectrice.

Abd Allah Ibn Omar dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dire : « Vous êtes tous des bergers et tout berger est responsable de son troupeau ; l’homme est un berger au sein de sa famille et il est responsable de son troupeau. La femme est une bergère dans le foyer de son mari  et elle est responsable de son troupeau. Le domestique est un berger par rapport aux biens de son maître et il est responsable de ce qu’il garde ». Puis, dit, le rapporteur, je crois qu’il a dit : «  l’homme est un berger par rapport aux biens de son père et il est responsable de son troupeau. Vous êtes tous des bergers et vous êtes responsables de vos troupeaux. » (rapporté par Boukhari, 853 et Mouslim, 1829).

Troisièmement, quant à ce qu’il vous est permis de faire en faite de choses licites sans l’intervention de votre mère, elle n’a pas le droit de choisir à votre place des choses à aimer comme des mets, des boissons, des vêtements, des moyens de locomotion, etc. Car elle n’a aucune autorité sur vous dans ce domaine.

Il en est de même du choix par vous de la femme qui vous plaît, pourvu que celle-ci soit pieuse et que vous ne commettiez aucun acte de désobéissance à l’égard d’Allah en tout cela. Pourtant il vous est recommandé de lui donner satisfaction, même dans le cadre du choix d’une épouse, si elle vous propose un choix qui ne comporte aucun inconvénient.

Quant à son intervention dans vos affaires relatives à vos entrées et sorties et vos veillées nocturnes avec vos compagnons, les père et mère doivent tous les deux surveiller leurs enfants pour maîtriser la situation et éviter que les enfants se perdent du fait des mauvais compagnons. En effet, les mauvais compagnons constituent la plus grande cause de corruption pour les jeunes. A ce propos, le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dit : «  l’homme subit l’influence de la religion de son ami, regardez donc qui choisir pour ami. » (rapporté par at-Tirmithi, 2387 et Abou Dawoud, 4833). Ce hadith est déclaré « beau » par At-Tirmithi et authentique par an-Nawawi dans Tuhfat al-Ahwadhi, 7/42.

Les père et mère doivent encore surveiller leur enfant au moment où il rentre à la maison et quand il en sort car il ne leur est pas permis de se désintéresser de lui, surtout s’il ne se montre pas droit.

Vous devriez tenir compte de leur statut, les respecter et les entourer d’un bon traitement, même s’ils vous imposent des restrictions dans ce qu’Allah vous a rendu licite. Car Allah nous a donné l’ordre de tenir une belle compagnie à nos pères fûssent ils des infidèles qui nous invitent au polythéisme. Comment en serait-il autrement quand ils ne nous invitent qu’à une chose qui, pour eux, ne comporte que du bien ? Il est vrai que certains des ordres qu’ils vous donnent peuvent restreindre ce qu’il vous est permis de faire. Il vaut mieux les obéir, faire ce qu’ils veulent et satisfaire leurs désirs, même si cela ne constitue pas un devoir pour vous et n’est qu’un sacrifice altruiste. Il demeure vrai qu’ils méritent mieux que quiconque le bon traitement. Car Allah le Très Haut a placé l’obéissance aux père et mère juste à côté de Son adoration, comme cela est mentionné dans Son livre, afin de bien indiquer la place des parents.

Quatrièmement, il appartient au père de prendre la dernière décision dans tout ce qui relève de sa responsabilité vis-à-vis de vous. C’est lui qui décide du choix d’une école pour son enfant dont il assure la dépense vitale. C’est aussi au père qu’il appartient de décider de toute opération touchant sa propriété comme votre utilisation de son véhicule ou de son argent etc.

Quant à l’enfant adulte qui s’assume en toute indépendance et assume sa propre dépense, il décide par lui-même et pour lui-même ce qu’il veut dans le cadre de ce qu’Allah a rendu licite. Il lui est tout de même recommandé de donner satisfaction à son père dans la mesure où cela ne s’oppose pas à l’obéissance à Allah. Le fils doit faire preuve de respect à l’égard de son père, quel que soit l’âge de ce dernier. Car cela relève de la piété et du bon traitement. Il a été rapporté qu’Ibn Omar a dit : «  Je n’étais jamais montré au toit de la maison de mon père pendant que ce dernier y était ».

De même, si le père donne à son fils l’ordre de faire du bien ou d’abandonner une chose licite, on doit lui obéir dans la mesure où cela ne nuirait pas au fils.

Cinquièmement, quant à la manière d’informer votre mère de votre désir de jouir davantage de liberté, vous pouvez  vous y prendre par l’acte et par la parole.

a) L’acte consiste à prouver effectivement à votre mère que vous n’êtes plus un gamin et que vous êtes devenu un homme capable de prendre ses responsabilités. Ceci en lui montrant à travers vos attitudes devant elle  que vous vous comportez comme un homme. Si elle constate cela de votre part à plusieurs reprises, elle finira par vous faire confiance, vous apprécier justement et vous estimer.

b) La parole consiste à employer des arguments claires et de mener une discussion calme et de tenir des propos doux et appuyés par des exemples traduisant des attitudes saines et correctes. Peut-être Allah lui inspirera de vous réserver un traitement digne des adultes raisonnables et mûrs puisque vous en êtes un.

Nous demandons à Allah pour vos père et mère, pour vous-mêmes et pour nous de nous guider dans le chemin droit. Puisse Allah bénir notre Prophète Muhammad.

Islam Q&A
Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid


Serait-on ingrat à l’égard de ses parents si on les quittait pour aller chercher un gagne pain?
Je suis un jeûne de 28 ans, Allah soit loué. Et j’ai demandé la main d’une fille depuis près d’un an. Il est vrai que je suis peu fortuné, mais j’ai obtenu un contrat pour aller travailler dans un pays arabe avec un salaire respectable. Cependant, j’hésite encore à accepter l’offre étant donné que je suis le seul fils de mes parents, le seul frère de trois filles. Est-ce que le fait pour moi de voyager pour assurer mon avenir et terminer mon mariage constitue un acte d’ingratitude à l’égard de mes parents ? Il est vrai qu’en cas de voyage je les laisserais seuls dehors alors qu’ils sont très vieux.. Et si je me marie je ne resterai pas avec eux, bien qu’ils s’opposent à mon déménagement. Je vous demande de m’orienter vers ce qui est bon pour moi.

Louanges à Allah

Premièrement, si l’un de vos parents ou les deux ont besoin de vos services et si personne ne peut vous remplacer après votre départ, vous ne devez pas partir sans leur autorisation.

S’ils vous autorisent à voyager et s’ils n’ont pas besoin de vous parce qu’ils peuvent s’occuper d’eux-mêmes ou parce que quelqu’un d’autre peut leur rendre service, dans ce cas, il n’y a aucun mal à ce que vous voyagiez pour pouvoir terminer votre mariage et vous donner une immunité sexuelle, même sans l’autorisation des parents. Dans ce cas, votre voyage ne serait pas un acte d’ingratitude.

Il es toutefois préférable d’essayer de leur donner satisfaction et de leur expliquer les intérêts qui justifient votre voyage et de leur assurer que vous n’allez pas les délaisser et que votre absence se limiterait au strict nécessaire et que vous reviendrez auprès d’eux…

Les ulémas (puisse Allah leur accorder Sa miséricorde) ont soutenu clairement qu’il est permis à une personne de voyager pour chercher du travail sans une autorisation parentale, pourvu que le voyage se passe dans de bonnes conditions de sécurité, donc sans danger pour le voyageur ,et que les parents puissent se passer de ses services.

Dans Badai as-Sanaî, 7/98, al-Kassani dit à propos du départ justifié par la participation à un djihad considéré comme une obligation communautaire : « l’esclave ne peut pas partir sans l’autorisation de son maître ni la femme sans celle de son mari car les services rendus au maître est ceux accomplis pour le mari constituent une obligation personnelle. Or celle-ci l’emporte sur l’obligation communautaire. De même l’enfant ne part pas sans l’autorisation de ses père et mère ou de l’un d’eux, si l’autre est mort, car la piété filiale est une obligation personnelle qui passe avant l’obligation communautaire.

En règle (générale) il est interdit à l'enfant d’entreprendre un voyage entouré de grands risques sans l’autorisation de ses parents. Car ceux-ci nourrissent à l’égard de leur enfant une pitié telle que son départ leur porte préjudice. Toutefois, l’enfant peut entreprendre un voyage entouré de risques mineurs sans l’autorisation de ses parents, pourvu de ne pas les abandonner (sans secours), en raison de l’absence d’un préjudice. Certains de nos maîtres autorisent l’enfant à entreprendre un voyage pour la recherche du savoir, même sans l’autorisation des parents puisqu’un tel voyage ne leur porte pas de préjudice. Bien au contraire, il leur profite. Aussi l’enfant ne serait il pas taxé d’ingrat à l’égard de ses parents dans ce cas ».

Dans as-Siyar al-Kabir, 1/197, As-Sarkhassi dit : « Chaque fois que quelqu’un veut voyager pour autre chose que le djihad, le pèlerinage, la oumra ou le commerce et que ses parents désapprouvent son projet bien  qu’il ne risque pas de les livrer à eux-mêmes, il n’y a aucun mal à ce qu’il voyage. Car la plupart  des voyages de cette nature se déroulent dans des conditions sûrs et le départ de l’intéressé n’entraîne pas de grandes difficultés pour ses parents. La tristesse qu’ils peuvent éprouver pour son absence est contrebalancée par l’espérance d’un retour triomphal. S’il s’agit, en revanche, d’un voyage très risqué, on peut l’assimiler au départ pour le djihad parce que les deux déplacements impliquent un danger de mort évident. Citation remaniée.

Dans al-Madjmou’ 8/314, an-Nawawi dit : Quand un enfant veut voyager pour la recherche du savoir, l’auteur (c’est-à-dire Abou Ishaq as-Shiragi (puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) soutient fermement au début de l’ouvrage intitulé as-Siyar qu’un tel voyage peut être effectué sans l’autorisation des parents… Puis il ajoute : i l en est de même du voyage entrepris pour le commerce parce qu’il se déroule le plus souvent dans des conditions de sécurité.

Deuxièmement, s’agissant de votre déménagement après votre mariage en dépit de leur désir de vous voir rester avec eux, il n’y a aucun mal à le faire, s’il plaît à Allah Très Haut, si cela ne revient pas à les livrer à eux-mêmes de façon préjudiciable. C’est d’autant plus permis qu’il peut y avoir d’autres raisons qui le rendent nécessaire comme l’étroitesse du logement ou le désir de l’épouse de vivre seule avec son mari – ce qui est son droit – etc.

Cependant, votre déménagement ne signifie pas que vous pouvez ne pas vous enquérir de leur état ou ne pas vous occuper d’eux. Bien au contraire, cela fait partie de vos plus grands devoirs, surtout s’ils sont d’un âge avancé. A ce propos, Allah Très Haut dit : « Et ton Seigneur a décrété: "N' adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l' un d' eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: "Fi!" et ne les brusque pas, mais adresse- leur des paroles respectueuses. et par miséricorde, abaisse pour eux l' aile de l' humilité, et dis: "ش mon Seigneur, fais- leur, à tous deux, miséricorde comme ils m' ont élevé tout petit.» (Coran, 17 : 23-24).

La piété filiale est une porte ouverte sur le paradis. Veillez donc à donner satisfaction à vos parents, à leur faire du bien et à ne pas les mécontenter.

Allah le sait mieux.

Islam Q&A


Le bon traitement pour un père qui récuse le hadith
je vis au sein d’une famille irréligieuse et elle m’opprime et se moque de moi en raison de mon attachement à la Sunna (ce dont je loue Allah). Mon père croit que les hadith qui expliquent les enseignements du Coran tels que la prière doivent être appliqués et que les hadith qui stipulent des dispositions non mentionnées dans le Coran comme l’interdiction de serrer la main à une femme ne doivent pas être appliqués, entre autres croyances qu’il perpétue.
Je sais que le bon traitement des parents est un devoir. M’est il permis de prier derrière mon père ? Si la réponse est négative, m’est il permis de faire semblant de prier avec lui pour ne pas provoquer sa colère, puis de répéter la prière par le suite ?

Louange à Allah.

O frère, auteur de la question,

La situation que vous vivez est effectivement difficile. En effet, il n’est pas commode pour un musulman de vivre avec un père qui se cramponne à des aberrations et des déviations par rapport à la voie juste, celle de la Communauté sunnite. Mais le musulman doit chercher la récompense dans la patience devant l’attitude d’un tel père et dans le fait de lui prodiguer des conseils avec douceur et lui indiquer la vérité par les moyens adéquats tout en évitant de lui donner le sentiment qu’on lui est supérieur et qu’on cherche à le remettre en cause. Bien au contraire, on doit lui faire sentir qu’il s’agit de conseils donnés par un fils reconnaissant et respectueux envers son père à l’instar d’Abraham (psl) dans son appel adressé à son père. A ce propos, le Très Haut dit : « Et mentionne dans le Livre, Abraham. C' était un très véridique et un Prophète. Lorsqu' il dit à son père: "Ô mon père, pourquoi adores- tu ce qui n' entend ni ne voit, et ne te profite en rien? "Paix sur toi", dit Abraham. "J' implorerai mon Seigneur de te pardonner car Il m' a toujours comblé de Ses bienfaits. Ô mon père, il m' est venu de la science ce que tu n' as pas reçu; suis- moi, donc, Je te guiderai sur une voie droite . Ô mon père, n' adore pas le Diable, car le Diable désobéit au Tout Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu' un châtiment venant du Tout Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié du Diable". Il dit: " Ô Abraham, aurais- tu du dédain pour mes divinités? Si tu ne cesses pas, certes je te lapiderai, éloigne- toi de moi pour bien longtemps". "Paix sur toi", dit Abraham. "J' implorerai mon Seigneur de te pardonner car Il m' a toujours comblé de Ses bienfaits. » (Coran, 19 : 41-47).

Abraham a employé dans son discours adressé à son père des termes susceptibles de susciter les sentiments paternels comme : « Ya abati ». Il n’a pas dit : «  Je sais alors que toi tu es ignorant », mais plutôt : « Il m’est parvenu un savoir que tu n’as pas reçu ». Ensuite, il a montré de la tendresse à l’égard de son père et un grand souci quant à son salut en disant : « Cher père, je crains qu’un châtiment venu du Clément ne te touche ». Même quant son père rejeta son appel et menaça de le lapider, Abraham se contenta de dire à son père dans la plus grande politesse : «  Salut » et lui promit de demander pardon pour lui.

Voilà comment les pieux doivent s’adresser à leur père égaré.

Sachez que la question de la contestation partielle ou totale de la Sunna est très grave. Peut-être aborderons-nous la question exhaustivement ailleurs. Mais nous disons ici de façon succincte que si la déviation innovée par votre père est de nature à l’exclure de l’Islam comme la contestation définitive de la Sunna fondée sur la connaissance des preuves appropriées et leur rejet, vous ne pouvez pas prier derrière lui parce qu’il est un mécréant. En revanche, si sa déviation ne conduit pas à l’infidélité - comme s’il s’agit de la non observance d’une disposition de la Sunna par laxisme ou par négligence -, il vous est permis dans ce cas de prier derrière lui, et votre prière est valide. Allah le Très Haut le sait mieux.

Note : nous avons reçu de Cheikh Muhammad ibn Sahih al-Outhaymine à propos de cette question ce qui suit :

La contestation (de la Sunna) peut être fondée soit sur une interprétation, soit sur une négation. Dans ce dernier cas, l’auteur de la contestation dit : «  Je sais que ceci est dit par le Messager d’Allah (bénédiction et salut soient sur lui) mais je le rejette et ne l’accepte pas ». Celui qui s’exprime ainsi devient un infidèle, un apostat en rupture avec l’Islam. Par conséquent, l’on ne peut pas prier derrière lui.

Si la contestation est fondée sur une interprétation, on doit examiner celle-ci. Si elle peut être justifiée linguistiquement ou par des sources de la loi (religieuse) l’on ne doit pas traiter son auteur de mécréant car il n’est qu’innovateur - si tant est que ses propos peuvent toujours être qualifiés d’innovés. L’on peut alors prier derrière lui, à moins que le contraire ne constitue un moyen de dissuasion à son égard, un moyen de l’amener à réfléchir une nouvelle fois à son attitude. Si tel est le cas, on ne prie pas derrière lui.

Dans le cas du père en question, il reconnaît une partie de la Sunna, celle qui est conforme au Coran et l’explique. En même temps, il rejette l’autre partie celle qui vient s’ajouter au Coran. Ceci relève des grandes innovations à propos desquelles le Législateur a proféré des menaces d’après ce hadith rapporté de façon sûre : « Que l’un de vous bien installé sur son divan ne vienne pas... etc. » Cette attitude constitue une grave innovation qui suscite des craintes quant au sort de son tenant. Allah le sait mieux.

Sheikh Muhammed Salih Al-Munajjid
Piété filiale