Le
gouvernant qui ne gouverne pas selon les
dispositions du livre d'Allah et de la Sunna de Son messager (Bénédiction et salut soient sur
lui) doit être obéi dans
tout ce qui ne constitue pas une désobéissance à l'égard d'Allah et de Son messager. Il ne
faut pas le combattre pour cela. Il n'est
permis de le combattre que quand il
devient mécréant. Il faudrait alors
le rejeter car il n'aura plus le droit à l'obéissance sur les musulmans.
Le
fait de gouverner selon des lois autres que les dispositions du livre d'Allah
et de la Sunna de Son messager
constitue une mécréance à la réunion de deux conditions:
La
première est le connaissance par le gouvernant
des dispositions du livre d'Allah et de la Sunna de Son messager. S'il les ignore, on le juge pas mécréant.
La
seconde est
qu'il croit, en appliquant les dispositions contraires
à la révélation d'Allah que cette
révélation n'est plus valable et que les autres lois sont
meilleures et plus utiles
pour les justiciables. À la réunion de ces deux conditions, le fait de gouverner
par des lois autres que la révélation d'Allah constitue une mécréance excommunicatrice
en vertu de la parole du Très Haut: «Et ceux qui ne jugent pas d'après
ce qu'Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.» (Coran,5: 44). Le mandat
du gouvernant devient caduc et
il cesse de jouir du droit
à l'obéissance. Il faut le combattre
pour le chasser du pouvoir.
Si on gouverne par des lois
autres que la révélation divine tout en croyant
que c'est cette révélation qu'il faut appliquer
parce que meilleure pour les humains et
tout en ne la délaissant que par passion ou pour opprimer les justiciables, on en est pas pour autant mécréant. On serait plutôt soit un
dévoyé, soit un injuste. Mais son mandat reste
valide. Un tel gouvernant doit être obéi
dans tout ce qui ne constitue pas une désobéissance à l'égard d'Allah
et de Son messager. Il n'est
permis de le combattre ni de le chasser du pouvoir par la force ni de se révolter contre lui, car le Prophète (Bénédiction et salut soient sur
lui) a interdit la révolte contre les gouvernants, sauf dans le cas d'une
claire mécréance de leur part attestée grâce à une
preuve évidente émanant d'Allah Très Haut.»
Extrait de Madjmou' Fatawa d'Ibn Outhaymine,2/118.