Louange à Allah
Abou Djafar Muhammad ibn Djarir
at-Tabari(Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit dans son Djami’al-bayan
an t’awil ay al Qur’an, 8/165 à propos de la définition de la muhsana :
« Ce vocable vient du verbe hasana qui signifie se montrer chaste.
La muhsana est donc la femme chaste. Elle signifie aussi celle qui
protège son sexe contre la débauche. C’est pourquoi le Majestueux dit de Marie
qu’elle a préservé son sexe. C’est-à-dire qu’elle l’a protégé contre les soupçons
et la débauche. Ensuite, il a cité les différentes interprétations faites
des propos du Très Haut « les femmes vertueuses d' entre les gens qui
ont reçu le Livre avant vous » (Coran, 5 :5 ). D’autres disent que les
propos d’Allah : « les femmes vertueuses d' entre les croyantes, et les
femmes vertueuses d' entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous. »
(Coran, 5 :5 ) signifient les chastes des deux groupes, qu’elles soient
esclaves ou libres. L’auteur de cette interprétation autorise ainsi que l’on
épouse les esclaves des gens du Livre convertis à leur religion. Ce qui exclut
les prostituées croyantes et celles issues des gens du Livre. Puis il a indiqué
les implications de ces opinions. Plus loin, il dit encore : « les interpréteurs
ont eu des divergences au sujet de ses propos : « les femmes vertueuses
d' entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous » pour savoir s’il
implique un jugement général ou restreint. Certains d’entre eux disent qu’il
est général et s’applique aux chastes parmi elles parce que les muhsanat
sont les chastes. Aussi est-il permis au musulman d’épouser toute femme adepte
du Livre qu’elle soit en guerre (contre nous) ou protégée. Ils tirent un argument
de l’apparence des propos du Très Haut : « les femmes vertueuses d' entre
les gens qui ont reçu le Livre avant vous » en disant que par muhsanat,
on entend les chastes, quelles qu’elles soit. Voilà l’opinion de ceux qui
disent que par muhsanat ici on entend les chastes. D’autres disent
qu’il s’agit ici des femmes des gens du Livre qui sont liés aux musulmans
par un traité ou un pacte. Quant à ceux en guerre contre les musulmans, leurs
femmes sont interdites à ceux-ci.
L’auteur,Tabari, (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a mentionné une
importante condition du mariage avec l’adepte du Livre que doit méditer longuement
tout musulman qui envisage d’en épouser dans les pays des mécréants, à savoir
« qu’elle vit dans un endroit où l’enfant qui naîtrait du mariage ne
serait pas contraint à devenir mécréant ». L’une des plus claires applications
de ces propos dans les réalités que nous vivons est de ne pas être dans un
pays de mécréants où le musulman est obligé d’éduquer ses enfants dans la
religion des mécréants à travers un enseignement qui comporte des cours de
christianisme ou d’amener son enfant à l’église le dimanche ou que la loi
donne à la femme le droit de disposer de son enfant quand elle veut et de
l’éduquer selon la religion de son peuple. Nous demandons à Allah la sécurité
et la protection contre le déshonneur.
Cheikh as-Saadi dit dans son Tafsir (1/458) : «Vous sont rendus licites
les muhsanat (c’est-à-dire les femmes libres et chastes) parmi ceux
qui ont reçu le Livre avant vous (c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens).
Ce qui restreint la portée des propos du Très Haut : « N’épousez pas
les polythéistes avant qu’elles ne croient ».
Quant aux débauchées qui ne reculent pas devant la fornication, il n’est pas
permis de les épouser, qu’elles soient musulmanes ou adeptes du Livre sauf
si elles se repentissent en vertu des propos du Très Haut : « Celui
qui pratique l’adultère n’épouse que celle qui s’y livre ou une polythéiste ».
Allah le Très Haut le sait mieux.