Jeudi 5 Djoumada 1 1443 - 9 décembre 2021
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La variété des pronoms employés dans le Coran reflète la perfection de son éloquence et son inimitabilité

Question

Un non musulman demande pourquoi le Coran parle tantôt à la première personne du singulier et tantôt à la troisième personne. Par exemple, Allah Très-Haut dit: «Or, Allah sait bien ce qu'ils dissimulent« (Coran,84: 25) Ici Allah mentionne son nom en parlant à la troisième personne du singulier(?) Puisse Allah vous récompenser par le bien.

Texte de la réponse

Louange à Allah.

Le Coran est révélé dans une langue arabe claire. Selon les styles employés par les Arabes, le locuteur parle parfois à la première personne du singulier et parfois à la troisième personne du singulier. On peut même employer le pluriel (pour faire parler un seul locuteur). Cela relève de la diversification des styles qui est une expression de l'éloquence. Cet aspect ne peut être saisi que par les locuteurs de la langue arabes qui possèdent une parfaite maîtrise de ses tournures stylistiques. Le Coran n'est pas révélé dans un seul style comme le croit l'auteur de la question. Bien au contraire, on y trouve une variété de styles. Ce qui en reflète l'inimitabilité et l'éloquence.

Docteur Abdoul Mouhsin al-Moutayri dit dans son livre intitulé: Daawa at-Taainin fil qour'an al-karim (Les allégations de ceux qui remettenten cause le Saint Coran) à la page 304: «Les styles employés par les Arabes permettent à une personne de s'exprimer à la première personne du singulier ou à la troisième personne du singulier. C'est dans ce sens qu'un locuteur dirait: j'ai fait ceci u cela. Je suis parti. Je te donne, ô un Tel, l'ordre de faire ceci. Tantôt un locuteur peut s'exprimer à la troisième personne du singulier en disant: un Tel (c'est-à-dire lui même) vous donne l'ordre de faire ceci ou cela ou vous interdit de faire ceci ou cela et il aime vous vous exécutiez. C'est ainsi qu'un émir ou un roi s'adresse à son peuple en disant: l'émir ou le roi vous demande une telle ou telle chose. Il fait allusion en s'exprimant de la sorte au fait que c'est en tant qu'émir ou roi qu'il parle. C'est plus expressif et plus parfait que de dire: je suis le roi et je vous ordonne ceci ou cela. Le fait de dire: le roi vous ordonne est plus éloquent que: moi, le roi, je vous ordonne.

Le Coran a employé cette manière de s'exprimer. Celui qui ne connait pas l'arabe croit qu'Allah ne peut pas parler de lui-même à la troisième personne du singulier et qu'Il devrait dire: «Je t'ai révélé vraiment, ô Muhammad, le livre qui confirme ce qui l'a précédé« ou des expressions pareilles. C'est une ignorance des styles de la langue arabe et de son niveau de clarté et d'éloquence. Nul doute que le discours d'Allah et sa parole exprimée à la troisième personne du singulier sont plus éloquentes que le fait pour Lui de dire: «Alif , laam, miim. Je suis Allah. Il n' y a pas une autre divinité en dehors de moi. Je t'ai révélé vraiment le livre qui confirme ce qui l'a précédé en matière de versets.« Extrait succinct.

Il est connu dans les habitudes arabes relatives à leur manière de raffiner leurs discours qu'ils n'emploient pas le même style. Bien au contraire, ils alternent les tournures , même dans un seul contexte. Ils le font a priori quand un contexte est envisagé sous deux angles. Ceci (cette manipulation du discours) est une des figures stylistiques traduisant l'éloquence linguistiqueconnue sous l'appellation iltifaat.

Az-Zarkachi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit : al-iltifaat consiste à alterner les styles dans le même discours afin de l'embellir, d'attirer l'auditeur, de capter son attention et de lui éviter l'ennui et la lassitude qui pourraient résulter de l'emploi d'un style monotone. C'est dans ce sens qu'on dit:

«L'âme n'est réconfortée que

quand on la fait passer d'un état à un autre«

Hazim dit dans Mihadj al-boulaghaa: « L'emploi continu des pronoms «je« et «tu« ennuie les (arabes). C'est pourquoi ils passent de «je« à «il«. C'est encore dans ce sens qu'on joue avec les pronoms; tantôt on parle de soi tantôt on fait comme si on parlait à soi tantôt enfin on fait comme si on parlait d'un absent. C'est ce qui fait qu'on n'apprécie pas le discours dans lequel les «je» et «tu» se succèdent car on préfèrent l'alternance des pronoms. Plus loin Zarkachi (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) a mentionné les différentes manifestations de cette figure stylistique et leurs apports à l'éloquence.» Voir al-bourhane fii oulom al-qour'an par Badreddine az-Zarkachi (3/314-330) Se référer à la réponse donnée à la .

Se référer à toutes fins utiles à la réponse donnée à la question n° 606

Allah Très-haut le sait mieux.

Source: Islam Q&A