Samedi 9 Rabii 1 1440 - 17 novembre 2018
Français

La définition du Khoul’ et son application

question

Que signifie khoul’ et comment l’applique-t-on justement? Quand le mari ne veut pas divorcer d’avec sa femme, le divorce peut il avoir lieu? Que dire de la
société américaine où une femme qui n’apprécie pas son mari parce qu’il est religieux croit pouvoir le divorcer?

texte de la réponse

Louanges àAllah

La dissolution (khoul’) consiste àse séparer de sa femme moyennant une contrepartie(financière) .Que la dite contrepartie soit la dot qu’elle avait reçue ou une somme supérieure ou inférieure. Cette forme de répudiation est fondée sur la parole d’Allah Très-haut :  Et il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce sit de ce que vous leur aviez donné,- àmoins que tous deux ne craignent de ne point pouvoir e conformer aux ordres imposés par Allah. (Coran,2:229)

L’argument tiréde la Sunna en faveur de la procédure réside dans le fait que la femme de Thabit ibn Qays in Shammas (P.A.a) se présenta au Prophète (Bénédictin et saut soient sur lui) pour lui direceci: Messager d’Allah,je n’ai aucun reproche àfaire à Thabit par rapport àsa religiositéet sa moralité. Mais je déteste de retomber dans la mécréance après avoir embrassél’islam. 

Le Prophète lui dit: Accepte-tu de luirestituer le verger qu’il t’avait donné? 

Oui, dit-elle. Le Prophète dit à Thabit: Prends le verger et libère-la.  (citépar al-Bokhari, 5273)

Les ulémas ont déduit de cette affaire que quand une femme ne peut plus supporter son mari, l’autoritécompétente peut demander au mari d’accepter la dissolution susmentionnée. Il peut même lui en donner l’ordre. Quant àsa forme, elle consiste àce que le mari accepte de prendre la contrepartie convenue entre les époux et dit: Je me sépare de toi. ouje te libère. ou d’autres formules.

Le divorce revient au mari. Il ne devient effectif que quand il veut le rendre comme tel car le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui ) a dit : Seul celui qui prend la jambe peut prononcer le divorce.  Il entendait parler du mari. ( Rapportépar Ibn Madja, 2081 et jugébon par al-Albani dans Irwaa al-Ghalil 2041.

C’est ce qui fait dire aux ulémas que si on contraint quelqu’un àdivorcer d’avec sa femme, son divorce nedevient pas effectif. Voir al-Moughni 10/352

Quant àce que vous avez dit àpropos du comportement de la femme chez vous qui peut se libérer grâce àla loi positive en vigueur . Si elle le fait pour une raison qui lui permet de le faire comme si elle avait étécontrainte àse marier et qu’elle ne pouvait pas vivre avec son conjoint ou lui trouvait un défaut dans son attitude par rapport àsa religion parce que pervers ou toujours prêt àcommettre des actes interdits, etc, dans ce cas, il n’y a aucun inconvénient àce qu’elle demande le divorce. Mais dans un tel cas, elle doit avoir recours au remboursement de la dot qu’elle avait reçue.

Cela dit, il n’est pas permis àla femme de demander le divorce sans une raison valable. Si une décision de justice lui donne raison dans ce cas, cela n’est pas considérécomme un divorce légal. Elle reste l’épouse de son mari. Làil y a un problème puisque la femme en question est considérée comme une divorcéedu point de vue de la loi positiveet elle peut se remarier àl’expiration de son délai de viduité alors qu’en réalitéelle n’est pas divorcée du point de vue de la loi islamique.

Cheikh Muhammad Salih al-Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Samiséricorde) s’était exprimésur cette question en ces termes: Nous sommes ici devant un problème. Le fait pour la femme en question de rester l’épouse de son mari l’empêche d’épouser une autre alors que la décision du tribunal fait d’elle unedivorcée pouvant , une fois son délai de viduitéterminé, se remarier. Je pense que pour résoudre le problème il faut que des gens de bien interviennent dans le but deréconcilier les époux . Autrement, elle doit lui verser une contrepartie pour que la séparation revête une forme légale du point de vue de la loi islamique. 

Extrait de Liqaa al-Bab al-maftouhde Cheikh Muhammad ibn Outhaymine n° 54 (3/174) Editiondar al-Bassirah , Le Caire.

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