Lundi 2 Rabii 2 1440 - 10 décembre 2018
Français

Aperçu sur le mois de Safar

question

Le mois de Safar a-t-il un mérite particulier comme le mois de Muharram? J'espère un éclaircissement détaillé. J'ai entendu que certains tirent un mauvais augure de ce mois. Pourquoi?

texte de la réponse

Louanges à Allah. Bénédiction et salut soient sur le Messager d'Allah.

Le mois de Safar est l'un des douze mois du calendrier hégirien. C'est le mois qui vient après Muharram. Pour certains, on l'appel Safar (vide) parce que La Mecque s'y vidait de ses habitants partis en voyage. On dit encore que le mois est appelé Safar parce qu'on y laçait des attaques contre des tributs et dépouillait complètement de leurs biens leurs membresrencontrés. Voir Lissan al-arab d'Ibn Mandhour,tome IV p.462-463.

Nous allons aborder les points que voici:

1.Les traditions arabes antéislamiques relatives au sujet;

2. Des éléments de la loi religieuse contraires aux traditions antéislamiques;

3.Les innovations et fausses croyances entretenues au cours de ce mois par des gens qui se réclament de l'islam;

4. Les expéditions et évènements importants qui se déroulèrent au cours de la vie du Prophète (Bénédiction et salut sur lui) dans ce mois;

5. Les informations mensongères concernant Safar.

Premièrement, l'héritage antéislamique des Arabes

Les Arabes commettaient au mois de Safar deux monstruosités: la première consiste dans sa manipulation de manière à l'avancer ou le retarder. La deuxième consistait à en faire une source de pessimisme.

1. Il est bien connu qu'Allah Très-haut a créé l'année , arrêté le nombre de ses mois à douze et en a déclaré quatre sacrés puisqu'Il y a interdit la guerre de manière aggravée pour montrer leur importance. Ces mois sacrés sont : Dhoul Qaada, Dhoul-Hidjdja, Muharram et Radjab. Tout cela s'atteste dans la parole du Très-haut: En vérité, le nombre des mois est de douze, auprès d' Allah, ainsi que c’est écrit dans Son Livre depuis le jour où Il a créé les Cieux et la Terre. Quatre de ces mois sont sacrés. Telle est la religion dans sa rectitude. Évitez donc durant cette période de vous faire du tort à vous-mêmes. Liguez-vous pour combattre les païens, comme ils se liguent contre vous ! Sachez qu' Allah est avec ceux qui Le craignent. (Coran,9:36).

Les polythéistes le savaient mais ils n'en persistaient pas moins à les décaler arbitrairement. C'est ainsi qu'il mettaient Safar à la place de Muharram. Ils croyaient que l'accomplissement d'un pèlerinage mineur pendant les mois du pèlerinage constituait une grave turpitude. Voici un extrait des propos des ulémas relatifs à ce sujet:

A. D'après Ibn Abbas (P.A.a), les polythéistes pensaient que l'accomplissement d'un pèlerinage mineur au cours des mois du pèlerinage constituait une grave turpitude. Ils substituaient Safar à Muharram et disaient: quand l'étoile aldeberan disparait complètement et que Safar s'écoule, il est permis à celui qui le désire d'accomplirun pèlerinage mineur. (Rapporté par al-Bokhari (1489) et par Mouslim (1240).

B. Ibn al-Arabi dit: «La deuxième question est la modalité du décalage. Elle fait l'objet de trois avis:

Le premier: d'après Ibn Abbas, Djounada ibn Awf ibn Oumayya al-Kinani se présentait chaque année à la saison du pèlerinage et criait: écoutez bien! Abou Thoumamatah ne sera pas stigmatisé et ne répondra pas à lui? Ecoutez bien! Le Safar dernier était désacralisé. Nous le reconnaissons sacré une année et le déclarons désacralisé une autre année. Hawazin , Ghatafan et Bani Salim étaient d'accord avec eux. Selon une autre version, ils disaient: nous avançons Muharram et reculons Safar. Ensuite, l'année suivante, nous déclarerons Safar sacré et reculons Muharram. Voilà le décalage susmentionné.

La deuxième consiste dans l'augmentation. Pour qatada, des ignorants ont ajouté Safar aux mois sacrés. L'un de ces ignares se présentait à la saison (rassemblement) et disait: Attention! Attention! Vos divinités ont déclaré Muharram sacré cette année. Et les gens le prenaient pour sacré pour l'année en cours. L'année suivante , la même personne revenait dire: Attention! Attention! Vos divinités ont déclaré Safar sacré cette année. Et les gens le prenaient pour sacré pour l'année en cours et disaient: Deux Safar.

Ibn Wahb et Ibn al-Qassim ont rapporté d'après Malick et d'autres:« Les gens de l'époque antéislamique créaient deux Safar. C'est ce qui fit dire au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui):Pas de Safar (à inventer) Ashahb a rapporté des propos pareils de Malick.

La troisième consiste dans la modification du pèlerinage. Moudjahid dit grâce à une autre chaîne: Le report d’un mois sacré à une autre date n’est qu’un surcroît d’impiété renvoie , selon eux (les ulémas) à l'accomplissement du pèlerinage au mois de Dhoul Hidjdja pendant deux ans suivi ensuite de son accomplissement au mois de Safar pendant deux ans. Ils choisissaient chaque année un moispour y organiser le pèlerinage deux fois de suite. Cette pratique continua jusqu'à l'année oùAbou Bakre partît faire le pèlerinage en Dhoul Qada puis le Prophète partit le faire en Dhoul Hidjdja. Voilà pourquoi le Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) dit, selon un hadith authentique, dans son serment: Le temps a repris son cours (normal) tel qu'il fut quand Allah créa les cieux et la terre. (Rapporté par Ibn Abbas et d'autres, le premier étant l'auteur de la présente version selon laquelle le Messager d'Allah (Bénédiction et salut soient sur lui):«Ô gens! Ecoutez mes propos car je ne sais pas si je vais vous rencontrer une nouvelle fois en cet endroit. Ô gens! Votre sang et vos biens resteront inviolables (sacrés) jusqu'au jour où vous rencontrerez votre Maître. Leur inviolabilité est comme celle de ce jour, cellede ce mois et celle de ce territoire. Vous rencontrerez certes votre Maître et Il vous interrogera sur vos œuvres. J'ai bien transmis (mon message) Quecelui qui conserve un dépôt la restitue à celui qui le lui a confié. Toutes les opérations usurières sont annulées. Vous garderez vos capitaux sans léserpersonne ni être lésés par personne. Allah a décrété qu'il n'y ait plus d'usure. Celle contractée par Abbas ibn Abdoul Mouttallib est entièrement annulée. Les réclamations de l'époque antéislamique fondées sur le sang sont annulées. Celle que j'annule la première consiste dans le sang du fils de Rabiaa ibn al-Harith ibn Abdoul Mouttallib, un nourrisson confié aux Banou Lyth puis tué par Houdhayl. C'est le premier sang de l'époque antéislamique que j'annule.

«Adoncques, ô gens! Satan a désespéréde se voir adorer sur votre terre. Il se contente que vous lui obéissiez en des choses que vous jugez moins importantes. Cela le satisfait. Ô gens! Eloignez-le de vos affaires religieuses! Le report d’un mois sacré à une autre date n’est qu’un surcroît d’impiété et ne contribue qu’à égarer davantage les négateurs. Ils le déclarent profane une année, puis l’année suivante ils le déclarent sacré, prétextant qu’ils veulent être en accord avec le nombre de mois qu'Allah déclare sacrés. Ils ne se rendent pas compte qu’ils déclarent licite ce qu'Allah a interdit! Le temps a repris son cours (normal) tel qu'il fut quand Allah créa les cieux et la terre. Le nombre des mois auprès d'Allah est de douze dont quatre sacrés, trois successifs et Radjabou Moudhar situé entre Djoumada et Chabaan. Le rapporteur a cité le reste du hadith. Voir Ahkam al-qour'an (2/503-504).

2. S'agissant de faire de Safar une source de pessimisme, il était très répandu chez les arabes de l'époque antéislamique et les résidus sont conservés par une partie de ceux qui se réclament de l'islam. Abou Hourayrah a rapporté que le Messager d'Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: Pas de contagion, pas de mauvais augure à tirer du vol d'un oiseau ni de ses cris, pas de Safar (à inventer). ToutefoisEnfuyiez-vous du lépreux comme vous le feriez d'un lion. (Rapporté par al-Bokhari (5387) et par Mouslim (2220).

Cheikh Ibn Outhaymine (Puisse Allah lui accorder Sa miséricorde) dit:«Safar fait l'objet de plusieurs explications:

La première est qu'il s'agit du mois bien connu qui suscitait du pessimisme chez les (anciens) arabes.

La deuxième est qu'il s'agit d'une maladie qui frappe le chameau et se transmet à intérieur de l'espèce. Selon cette acception, la coordination du terme Safar à la partie précédente relève du rattachement du particulier au général.

La troisième est que Safar renvoie au mois de Safar et qu'on entend parler du report qui égare les mécréants quand ils reportent Muharram à Safar en lui enlevant son caractère sacré au cours d'une année avant de le lui restituer au cours d'une autre. L'explication la mieux argumentée est qu'il s'agit du mois de Safar qui suscitait du pessimisme chez lesarabes de l'époque antéislamique.

Le temps n'a aucune incidence sur le décret d'Allah le Puissant et Majestueux. Tous les temps sont pareils en ceci qu'ils contiennent le bien et le mal issus du décret divin.

Quand certaines personnes terminent un travail au 25 du mois de Safar, par exemple, il indique la date en écrivant: achevé au 25e jour du bon mois de Safar. C'est une manière de combattre l'innovation par l'innovation car le mois n'est ni un mois du bien ni celui du mal. C'est dans le même esprit que l'un des ancêtress'était opposé à celui qui disait : du bien , s'il plait à Allah chaque fois qu'il entendait le hibou crier. L'ancêtre lui dit : on ne dit ni bien ni mauvais car cet oiseau est comme les autres.

Les quatre choses exclus par le Messager (Bénédiction et salut soient sur lui) indiquent la nécessité de se confier à Allah, la véracité de la détermination et le refus d'afficher la faiblesse devant ces choses. Quant un musulman tient compte de ces choses, il se retrouve dans l'un des deux cas:

Le premier: soit il s'y laisse entraîner , soit il avance ou recule. Dans ces cas, il aura fait dépendre ses actes de quelque choses qui n'a pas une existence réelle.

Le deuxième: il refuse de s'y soumettre et reste indifférent. Mais il reste au fond de lui-même troublé et chagriné. Cet état reste certes moins grave que le premier, mais il faudrait ne pas tenir compte de ces choses et de demeurer confiant en Allah le Puissant et Majestueux.

La négation des quatre choses ne porte pas sur leur existence car elles existent bel et bien mais plutôt sur leurs effets. Celui qui produit les effets c'est Allah. Il reste vrai que ce qui est une cause connue reste une cause valable. Ce qui n'est qu'une cause imaginaire reste faux. Sa négation porte sur son essence et sa nature de cause.» Voir Madjmou fatawa cheikh Ibn Outhaymine (2/113-115).

Deuxièmement, la loi religieuse contraire aux us et coutumes antéislamiques

On a déjà vu un hadith d'Abou Hourayrah cité dans les Deux Sahih qui explique la condamnation des croyances antéislamiques relatives au mois de Safar qui n'est qu'un des mois d'Allah donc dépourvu de toute volonté mais soumis à Allah.

Troisièmement, ce qui se fait dans ce mois en fait d'innovations et de pratiques fondées sur de faussescroyances perpétrées par des gens qui se réclament de l'islam.

1. La Commission permanente a été interrogée en ces termes:

«Certains ulémas de notre pays prétendent que l'islam contient une prière surérogatoire à faire chaque dernier mercredi du mois de Safar à l'heure de la prière de milieu de matinée. Elle compte quatre rakaa dans chacune des quelles on récite la Fatiha et la sourate 108 dix -sept fois, le verset 22de la sourate 12cinquante fois et les sourates 113 et 114 une fois chacune. Ceci est à faire dans chaque rak'aa avant de clôturer le tous par le salut. Suite à celui-ci, on se met à réciter :Allah maîtrise bien les choses bien que la plupart des gens ne le sachent pas. trois cent soixante fois et la perle de la perfection trois fois et terminer par Gloire à Allah le Maître Suprême que ne peuvent atteindre les calomnies des hommes ! Paix et salut aux envoyés ! Et louange à Allah, le Maître Souverain de l’Univers ! (Coran,37:180-182). Faire aumône d'une quantité de pain destinée aux pauvres. Ce verset a la propriété de repousser les épreuves qui descendent le dernier mercredi du mois de Safar. Ils disent que chaque année voit descendre trois cent vingt milles épreuves au dernier mercredi du mois de Safar, ce qui en fait le jour le plus difficile de toute l'année. Celui qui accomplit la prière ainsi décrite sera protégé par la grâce d'Allah de toutes les épreuves descendues ce jour. Pour les enfants incapables de prendre les précautions indiquées, on leur fait une boisson (sur laquelle on souffle la recette sus indiquée?) Est-ce une solution?»

Voici la réponse des ulémas de la Commission:

Louanges à Allah , bénédiction et salut soient sur Son Messager , sur sa famille et sur ses compagnons. Cela dit, nous ne connaissions aucun fondement dans le livre et la Sunna à cette prière surérogatoire mentionnée dans la présente question. Il n'a pas été prouvé pour nous que l'un des ancêtres de la Umma ou l'un des pieux membres des dernières générations a pratiquécette prière surérogatoire. Pire, c'est une innovation condamnable.

Il a été rapporté de manière sûre que le Messager d'Allah (Bénédiction et salut soient sur lui) a dit: Quiconque introduit dans notre ordre un élément qui n'en fait pas partie le verra rejeter. Il dit encore: Quiconque invente dans notre ordre une pratique qui n'en fait pas partie la verra rejeter.

Celui qui attribue cette prière et ce qui y a été ajouté au Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui) ou à l'un de ses compagnons aura proféré un énorme mensonge et recevra de la part d'Allah le châtiment que méritent les menteurs récidivistes.» Fatwa de la Commission permanente (2/354).

2. Cheikh Muhammad Abdou Salam ach-Chouqayri a dit:

Les ignorants ont pris l'habituded'écrire les versets qui comportent le terme salam (paix) comme: paix sur Noé dans les mondes, etc. au dernier mercredi du mois de Safar,de placer la recette dans un récipient pour boire la solution (ainsi obtenue) et y chercher la bénédiction. Ils en font des cadeaux sur la base de leur croyance qu'agir ainsi est à même de faire disparaitre le mal. Cette croyance est fausse et le pessimisme qui la sou tend est condamnable puisqu'elle constitue une innovation abominable que doit dénoncer toute personne qui la voit pratiquer.» Voir as-sunan wal-moubtadaaat p. 111-112.

Quatrièmement, les expéditions et évènements importants qui eurent lieu au cours de ce mois pendant la vie du Prophète (Bénédiction et salut soient sur lui).

Ils sont nombreux mais on peut en résumer certains comme suit:

1. Ibn al-Qayyim a dit: «puisil dirigea personnellement une expédition contre al-Abwaa dit encore Waddan. C'est la première expédition qu'il dirigea personnellement. Elle eut lieu en Safar au début du 12emoisaprès l'Hégire. Son étendard de couleur blanche fut porté par Hamza ibn Abdoul Mouttallib. Il avait nommé Saad ibn Oubada gouverneur par intérim de Médine. Il se fit accompagner exclusivement par des Immigrés, histoire d'intercepter une caravane des Quraychites, mais il ne put rien réaliser.

Au cours de cette expédition, il conclut un accord avec Makhshiy ibn Amer adh-Dhamri, le chef des Bani Dhamra en son temps, accord en vertu duquel il devait s'abstenir de faire la guerre aux Bani Dhamra à condition qu'ils en fissent autant et ne se joignissent pas à des troupes voulant le combattre, et n'aidassent pas un ennemi contre lui. L'accord fut écrit.» Son absence de Médine dura 15 nuits.» Voir Zaad al-Maad (3/164-165).

2. Il (Ibn al-Qayyim) poursuit: Au mois de Safar de l'an III de l'Hégire, des hommes issus de Adhal et de Qarra arrivèrent auprès de lui et affirmèrent que l'islam avait commencé à se répandre en leur sein et demandèrent l'envoi de quelqu'un pour leur enseigner la religion, notamment le Coran. Il (le Prophète) envoya six personnes, selon la version d'Ibn Isaac, et dix, selon les dires d'al-Bokhari. La délégation , dirigée par Mourthid al-Ghanawi, comprenait Khoubayb ibn Ady. Ils partirenttous (avec les étrangers). Arrivés à Radjii, un puits appartenant à Houdhyl situé dans le Hidjaz, ils les trahirent et sollicitèrent l'assistance de Houdhayl qui vinrent les assiégeravant de les tueret emprisonner Khoubayb ibn Ady et Zayd ibn Dathina. Ils les emmenèrent à La Mecque et les vendirent car les prisonniers avaient tué certains de leurs chefs à Badre. Voir Zaad al-Maad (3/244).

3. Il poursuit encore:«C'est au cours du mois de Safarde l'an IV qu'eut lieu l'expédition de Birmouna. En résumé, Abou Baraa Amer ibn Malick, surnommé Moulaib al -asinna, était venu à Médine rencontrer le Messager d'Allah. Ce dernier l'invita à se convertir à l'islam. Il ne le fit pas mais il ne s'en éloignait pas puisqu'il dit:

-Messager d'Allah! Si tu envoyais tes compagnons à Nadjd pour les appeler à ta religion, j'espère qu'ils l'accepteraient.

-Je crains pour eux les gens de Nadjd.

-Je me charge de leur protection.

Le Prophète envoya 40 hommes selon Ibn Isaac et 70 selon ce qui est retenu dans le Sahih et qui est juste. Il furent placés sous le commandement d'al-Moundhir ibn Amer, un membre des Bani Saaida, surnommé al- mouannaq li yamout. Les envoyés faisaient partie de l'élite musulmane, leurs chefs et meilleurs lecteurs du Coran. Ils partirent et s'installèrent à Birmouna, un endroit situé entre l'habitat des Bani Amer et Harra de Bani Salim.

Installés, les membres de la délégations dépêchèrent Haram ibn Malhan, le frère d'Oum Soulaym, porteur d'un message du Messager d'Allah adressé à l'ennemi d'Allah, Amer ibn Toufayl. Ce dernier , sans regarder le message , donna l'ordre d'asséner un coup de lance à l'envoyé du derrière. Quand la lance le transperça et qu'il vit son sang couler, il dit:J'ai réussi, au nom du Propriétaire de la Kaaba! Amer mobilisases hommes tout de suite afin de combattre les autres membres de la délégation. Ses hommes refusèrent de lui obéir en raison de la protection que Baraa s'était chargé d'accorder aux envoyés du Prophète. Amer tenta de mobiliser les Bani Salim. Asya, Raal et Dhakwan répondirent à son appel et assiégèrent les compagnons du Messager d'Allah. Ceux-ci se battirent et furent tué jusqu'au dernier. Seul Kaab ibn Zayd ibn Nadjdjar fut retrouvé blessé au milieu des tués. Il survivra jusqu'à l'invasion du fossé où il fut tué. Amr ibn Oumayyata adh-Dhamri et Moundhir ibn Aqaba ibn Amer, qui surveillaient les biens des musulmans, aperçurent des oiseaux survoler le site de la bataille. Al-Moundhir ibn Muhammad alla alors avec ses compagnons combattre les polythéistes. Muhammad fut tué et Amr ibn Oumayyata adh-Dhamri emprisonné. Quand il révéla qu'il était issu des Modhar , Amer lui coupa le toupet et le libéra à la place d'un esclave que sa mère avait à affranchir.

Amr ibn Oumayya prit le chemin du retour. Arrivé à Qarqara, près de Qanah (nom de lieu) il descendit sous un arbre. Deux hommes issus des Kimab vinrent s'installer avec lui. Quand ils sombrèrent dans le sommeil, Amr les assassina pour venger ses compagnons à son avis. Il eut ensuite la surprise de découvrir que les tués était munis d'un engagement de protection établi par le Messager d'Allah. Quand il informa ce dernier de son acte, il lui dit: je vais payer le prix du sang des tués. Zaad al-Maad (3/246-248).

4. Ibn al-Qayyim poursuit toujours: Sa sortie (celle du Prophète) pour se rendre à Khaybar eut lieu à la fin de Muharram et non à son début. Mais la conquête de la localité fut réalisée en Safar. Zaad al-Maad (3/339-340).

5. Il poursuit: chapitre consacré à l'expédition secrète de Qoutba ibn Amer ibn Hadidah dirigée contre Khath'am. Elle eut lieu en Safar de l'an IX. Selon Ibn Saad, ils (les biographes) ont dit: le Messager d'Allah dépêcha Qoutba ibn Amer à la tête de vingt hommes pour se rendre auprès d'un clan des Khath'am qui campait dans les environs de Tabalah avec l'ordre de lancer un raid. Ils partirent munis de quatre chameaux qu'ils montaient alternativement. Il arrêtèrent un homme et l'interrogèrent mais il refusa de répondre et se mit à crier pour alerter les habitants des alentours. Ils l'exécutèrent. Puis ils s'installèrent et attendirent que les habitants furent gagnéspar le sommeil. C'est alors qu'ils lancèrent un raid contre eux et les deux partiesse battirent durement et eurent beaucoup de blessés de part et d'autre. Qoutba ibn Amer tuaceux qu'il put tuer, et lui et ses compagnons ramassèrent troupeaux, femmes et moutons pour les conduire à Médine. Il est dit dans le récit que les vaincus se rassemblèrent et se mirent à la poursuitedes musulmans. Puis Allah le Transcendant fit couler un torrent entre les deux parties. Ce qui permit aux musulmans de continuer à ramasser des troupeaux, notamment des moutons et de faire des captifs au vu de l'ennemi devenu incapable de traverser le cours d'eau qui les séparaitdes musulmans . Ceux-ci disparurent en s'éloignant de plus en plus.» Zaad al-Maad (3/514).

6. Il poursuit: «Une délégation issue des Oudhra arriva auprès du Messager d'Allah au mois de Safar de l'an IX. Elle était composée de 12 hommes comprenant Djamra ibn Nou'man. Le Messager d'Allah leur dit:

-Qui êtes vous?

-Des gens que tu n'es pas censé ignorer, Banou Oudhra, frères utérins de Qoussay qui le soutinrent etfirent partir Khouzaa et Bani Bakr du centre de La Mecque. Nous sommes donc tes parents maternels. Dit leur porte-parole.

-Bienvenus! Vous êtes chez vous! Que je vous connaisse!

Ils se convertirent et le Messager d'Allah leur apporta la bonne nouvelle de la conquête de la Syrie et la fuite de Hercule pour refugier à un endroit de son pays mieux gardé. Puis le Messager d'Allah leur interdit la consultation des devins et les offrandes sacrificielles qu'ils faisaient et leur informa qu'ils n'avaient plus qu'à se contenter du Sacrifice. Ils séjournèrent des jours à la maison de Ramla avant de repartir primés.» Zaad al-Maad (3/657).

Cinquièmement, les hadiths apocryphes reçus à propos de Safar

Ibn al-Qayyim dit: chapitre sur des dates à venir relèvent de ce chapitre des hadiths dans lesquels on lit: à la date telle ou telle, arrivera tel ou tel évènement... Par exemple, en l'an tel ou tel, telle chose arrivera. Au mois tel, telle autre chose arrivera. C'est à ce propos qu'un menteur orgueilleux dit: Quand la lune s'éclipse en Muharram, il y aura de la cherté (des marchandises) de la guerre, et le sultan sera préoccupé. Quand l'éclipse se déroule en Safar, il y aura ceci ou cela.Le menteur continue ainsi à parler de tous les autres mois. Les hadiths cités dans ce chapitre sont tous des mensonges.» Voir al-Manar al-Mounif, p. 64.

Allah le sait mieux.

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